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Tema 13 – Le mot comme un signe linguistique. Homonymes. Synonymie. Antonymes. "Les faux amis". La créativité lexicale.

I – LE MOT EN TANT QUE SIGNE

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les mots d’une langue ne sont pas autant d’étiquettes posées sur les objets du monde comme sur une bouteille. Les mots d’une langue sont le résultat de l’activité du langage exercée par l’homme qui consiste, dans une situation donnée et avec une intention de communication donnée, à créer, dans le même instant, une “notion” et une “forme” linguistiques pour rendre compte des phénomènes du monde. L’association (réciproque) d’une telle forme (appelée signifiant) avec une telle notion (signifiée ou concept) constitue une nouvelle réalité qu’il est convenu d’appeler un “signe”.

Ex. Ainsi on ne confondra pas l’objet table, qui est constitué d’une certaine matière (bois, fer, plastique…) et composé d’un plateau horizontal et de pieds, et le signe “table” qui d’une part présente une réalité matérielle (phonique et graphique) propre et d’autre part est porteur d’une notion dont le sens (signifié) dépendra du contexte linguistique et de la situation dans lesquels ce signe se trouvera employé : “table de salon”, “table de nuit”, “table de multiplication”, “se mettre à table …”

II – LE SIGNE COMME CONCEPT

Il est au centre d’une triple conceptualisation: référentielle, structurelle et situationnelle.

· La conceptualisation référentielle résulte de l’activité du langage qui consiste à rendre compte de la réalité à travers le filtre de l’expérience humaine.

· La conceptualisation structurelle résulte de l’activité du langage qui consiste à intégrer à l’intérieur de lui-même les relations d’oppositions et de combinaisons que les signes entretiennent entre eux pour assurer la cohérence du message. Tout signe dépend donc de réseaux d’associations et de règles de combinaisons dont l’ensemble constitue le “contexte linguistique”.

· La conceptualisation situationnelle résulte de la position du sujet parlant dans l’acte de communication, c’est-à-dire des relations que celui-ci entretient avec son interlocuteur et les données de la situation d’énonciation.

Ex.: Ce n’est pas étonnant, c’est un intellectuel! le mot “intellectuel” réfère à une classe d’individus qui exercent une activité intellectuelle, en s’opposant par exemple, au mot “actif” ou “manuel” (valeur référentielle et structurelle), et signale que le sujet parlant a une attitude critique négative à l’égard de cette classe d’individus et qu’il s’en exclut (valeur situationnelle).

III – LE SIGNE COMME FORME

Lorsque l’on parle de la forme du signe, il est très important d’en distinguer l’aspect “matériel” et l’aspect “morphologique”.

· L’aspect matériel ou “signifiant” correspond à l’expression phonique de l’oral (ou graphique de l’écrit) qui se décompose en unités minimales appelées “phonèmes” ou “graphèmes”. Ces unités ne sont pas en soi , porteuses de sens, mais leur opposition permet de distinguer des sens : ainsi les phonèmes /l / et /r / ne signifient rien en soi, mais ils permettent de distinguer à l’oral, les mots “long” et “rond”.

Les unités du signifiant se définissent donc, non par des qualités propres mais par des différences, dans un jeu d’oppositions et de combinaisons.

· L’aspect morphologique correspond à la forme du contenu (signifié) et se décompose en unités appelées “morphèmes “ ou “monèmes” porteuses de sens.

Ainsi le morphème “tasse” ne peut être segmenté en unités plus petites sous peine de perdre le sens de “petit récipient à anse servant à boire “. En revanche “repartons” se décomposera en 3 morphèmes : re – (réitération), – partir – (quitter un lieu), -ons (1ère personne pluriel, présent, indicatif)

Dès lors, s’agissant de la forme du signe on ne confondra pas la segmentation en phonèmes ( /t/-/a/-/s/) ou en graphèmes (t-a-s-s-e) du signifiant, et la segmentation en morphèmes (-tasse-) de la forme du contenu.

IV – LA CONSTRUCTION DU SENS

Le sens se construit par différences.

Le sens n’existe pas dans l’absolu, hors contexte; il est différentiel, c’est-à-dire qu’il prend naissance dès l’instant qu’est perçue une différence.

Le sens qui s’attache au signe “appartement”; par exemple, se définit par ce qui la différencie du sens qui s’attache aux signes “maison”, “pavillon”, “villa”, etc. Ce principe de différence fait qu’il s’agit pour le signe d’être ce que les autres signes ne sont pas et de n’être pas ce que les autres sont.

Chaque perception de différence constitue ce que l’on appelle un trait sémantique . Par exemple, en opposition à “villa”, “appartement” possède les traits sémantiques suivants: “habitation dans un immeuble”, “habitation située en ville”, et beaucoup d’autres traits qui pourront constituer le sens de ce mot selon le contexte dans lequel on l’emploie.

Ces traits sémantiques dépendent, réciproquement, des corrélations qui s’établissent entre les signes, et qui peuvent être de 2 ordres: d’opposition et de combinaison.

· Les relations d’opposition: elles sont constituées par l’ensemble des rapports de substitution qui peuvent s’établir entre certains signes à l’intérieur d’un même contexte.

Ainsi, les mots lexicaux “théâtre” et “cinéma” et les mots “bleu” et “rouge”, sont en opposition dans Hier soir je suis allé au théâtre / cinéma, et Il a repeint sa cuisine en bleu / rouge.

Ces relations d’opposition sont dites “virtuelles”, parce que les mots concernés ne peuvent pas se trouver, en même temps, au même endroit du contexte. (Relations paradigmatiques)

· Les relations de combinaison: elles sont constituées par l’ensemble des rapports de combinaison qui s’établissent entre les différents signes qui forment ce que l’on appelle le contexte linguistique. Ainsi, par exemple dans Je préfère le vin mais je ne déteste pas la bière, mots grammaticaux et mots lexicaux se trouvent dans des rapports de combinaison .

Ces relations sont dites “effectives” parce que les mots concernés sont co-présents dans un même contexte. (Relations syntagmatiques). Le sens des signes se trouve donc au centre de ce réseau de corrélations dont les deux axes sont solidaires l’un de l’autre (toute modification sur l’un de ces axes se répercute sur l’autre).

Par exemple: épais ne s’oppose à gros (synonyme) ou mince (antonyme), à travers le trait sémantique grosseur + / -, que s’il se trouve en combinaison avec livre ou tissu ou couche de peinture.

En revanche, il s’opposera à consistant (synonyme) ou liquide (antonyme) à travers le trait consistance + / -, s’il se trouve en combinaison avec potage.

* Remarque : le terme opposition est pris ici dans une acceptation plus large que celle de contraire, puisqu’il englobe aussi bien les relations d’équivalence (synonymes) que les relations de contraires (antonymes).

Finalement, on avait dit, que le signe résulte d’une triple conceptualisation, référentielle, structurelle et situationnelle. Il s’ensuit que le sens se construit dans des champs d’expérience qui correspondent aux divers domaines de la pratique sociale des individus d’une communauté linguistique donnée. On parlera de “domaines d’expérience” (D.E). Le sens du mot canard, par exemple ne sera pas le même selon qu’il se réfère au D.E de la FERME (animal domestique d’élevage), de la MUSIQUE (fausse note), de la CUISINE (viande de volaille) , des MEDIAS (fausse nouvelle)…etc.

V -TYPES DE RELATIONS DE SENS (permettent de classer les mots du point de vue sémantique)

Il faut tenir compte de tout ce qu’on vient de signaler pour établir les différents types de “relations de sens”. C’est-à-dire :

· le sens d’un mot est constitué de traits sémantiques qui témoignent de sa ressemblance ou de sa différence avec d’autres mots.

· les traits sémantiques dépendent d’un réseau de corrélations dont les unes sont d’opposition et les autres de combinaison.

· le sens se construit dans des situations déterminées et donc toute opération de classement du sens dépend d’un domaine d’expérience défini

Parmi les types de relations de sens et sur l’axe paradigmatique des oppositions (axe sur lequel les mots ne peuvent être co-présents dans une même séquence d’énoncé , et donc s’excluent), on peut distinguer: les relations d’équivalence et les relations de contraire.

5.1.Les relations d’équivalence

Chaque fois que, dans un même contexte, un mot peut-être mis à la place d’un autre mot, sans que change le sens de l’énoncé, on dira que ces deux mots sont sémantiquement équivalents. Ce phénomène est traditionnellement appelé synonymie. Mais, en réalité la synonymie, au sens banal du terme, pose un certain nombre de problèmes qui sont traités différemment par les sémanticiens.

Au-delà des controverses techniques, on peut dire que du point de vue de la signification des actes de langage :

– il n’y a pas de synonymie absolue: il n‘existe pas, dans quelque contexte que ce soit, plusieurs mots ayant exactement le même sens.

– lorsque deux mots peuvent être jugés équivalents, ils ne le sont que pour un type de contexte déterminé:

Ex.: calme et tranquille sont équivalents avec enfant, mer, et ne le sont plus dans les expressions un calme plat , garder son calme, du calme, une tranquillité d’esprit, en toute tranquillité, etc…

– lorsque deux mots sont jugés équivalents, dans un contexte donné, on peut supposer qu’il existe toujours une différence sémantique, aussi ténue soit-elle.

Ex.: il faut essayer, autant que faire se peut, de choisir le mot (terme) exact ; terme possède une nuance de technicité que ne possède pas mot, davantage passe-partout.

Cela posé, on considère qu’il existe deux types de relations d’équivalence: unilatérale et bilatérale.

5.1.1.L’équivalence unilatérale (ou hyponomie / hypernomie)

Si , dans un contexte donné, un mot “x” comprend le sens d’un mot “y” qui pourrait être mis á sa place, mais que l’inverse n’est pas nécessairement vrai, on dira que le mot “x” a un sens spécifique et qu’il est inclus (hyponyme) dans le mot “y” dit générique (hyperonyme).

Ex.: le mot rose par rapport au mot fleur dans: il lui a offert une rose (le sens de rose comprend nécessairement celui de fleur, mais celui de fleur ne comprend pas nécessairement celui de rose).

Il en est de même entre les mots lundi (spécifique) et jour (générique), peugeot (spécifique) et voiture (générique) … etc.

5.1.2.L’équivalence bilatérale (ou synonymie stricte)

Si dans un contexte donné, le sens d’un mot “x” recouvre en totalité le sens d’un mot “y” qui peut être mis à sa place et que, l’inverse est vrai, on dira que les deux mots “x” et “y” s’impliquent réciproquement: on ne peut d’ailleurs nier l’un en totalité sans nier l’autre en totalité.

Ex.: les mots voiture et auto dans: il vient de s’acheter une voiture (auto) . Un énoncé comme: ce n’est pas une voiture qu’il a acheté, c’est une auto serait insolite.

Cependant, le signe est le résultat d’une triple conceptualisation référentielle, contextuelle et situationnelle et il dépend en première analyse de la situation d’emploi des mots. Il n’y a donc pas, dans le langage, deux mots dont le sens se superposeraient totalement. Et l’on acceptera l’existence d’une équivalence bilatérale du seul point de vue référentiel, en sachant que les mots dits synonymes peuvent être affectés de caractéristiques sémantiques, aussi tenues soient-elles, qui les différencient les uns des autres.

Ces différenciations peuvent être d’ordre :

– affectif: mon chéri / mon chou, joli / mignon

– sociolectal : jambe / quille, comprendre / piger

– géographique : voiture / char (Canada), dîner / souper (Suisse)

5.2.Les relations de contraire

On parle de “contraires” quand dans un même contexte, un mot ne peut être mis à la place d’un autre, sous peine de changer radicalement le sens de l’énoncé. Ce phénomène est traditionnellement appelé “antonymie”.

La caractéristique commune aux “relations de contraires” est que deux mots en relation de contraire s’excluent réciproquement: la présence de l’un nie la présence de l’autre et les deux assertions issues de la présence de l’autre et les deux assertions issues de la présence de ces mots ne peuvent être vraies toutes les deux à la fois.

Exemple: les mots présent et absent dans :

J’étais présent / (absent) à la réunion d’hier.

Mais, il existe plusieurs types de relations de contraire selon quel les mots entretiennent entre eux une relation d’opposition binaire, sérielle, symétrique ou asymétrique.

5.2.1.Opposition binaire (antonymie)

Deux mots sont en opposition binaire lorsqu’ils ont besoin l’un de l’autre pour se constituer sémantiquement: blanc se définit par rapport à noir et réciproquement.

Ils ne peuvent donc s’additionner dans la chaîne syntagmatique d’un même énoncé . On ne peut pas dire: il est vivant et mort. Ils ne peuvent se trouver co-présents que dans une successivité (elle a monté l’escalier puis l’a descendu) ou dans une alternance (il est grand ou petit ?).

Si l’un de ces deux termes est nié cela implique, logiquement, la présence de l’autre terme, son contraire, ou bien celle du terme dit neutre (neutralise l’opposition).

Ex.: S’il n’est pas grand, alors il est petit ou moyen.

5.2.2.Opposition sérielle (co-hypnonymie)

Deux mots sont en opposition sérielle lorsqu’ils s’inscrivent dans une série de plusieurs mots qui ont pour propriété commune d’être sémantiquement inclus dans un mot plus générique qui les rassemble.

Ex.: rose, tulipe, géranium, etc. sont inclus dans fleur (hyponyme)

Contrairement aux mots en opposition binaire stricte (antonymes), la négation de l’un des termes de la série n’implique pas la seule présence de son contraire, puisque plusieurs autres sont disponibles.

Parmi ces séries d’hyponymes on peut citer: les jours de la semaine (lundi, mardi, …), les mois (janvier, février…), les saisons (printemps, été), nord/sud/est/ouest…

5.2.3.Opposition symétrique

Deux mots sont en opposition symétrique lorsqu’ils s’impliquent réciproquement et simultanément.

Ex. Père (mère) / fils (fille) , donner /recevoir, mari / femme

Contrairement à la relation antonymique dans laquelle la négation de l’un des termes implique la présence obligatoire de son contraire, ici la négation de l’un des termes entraîne la négation de son contraire: si x n’est pas le père de y, celui-ci ne peut être le fils de x.

5.2.4.Opposition asymétrique

Deux mots sont en opposition asymétrique lorsque l’un présuppose l’existence de l’autre cette relation n’étant pas réciproque.

Ex. répondre présuppose l’existence de demander, mais la récipoque n’est pas vraie.

D’autres exemples: agresser / répliquer, argumenter / réfuter, etc…

VI – TYPES DE RELATIONS SIGNIFIANT / SIGNIFIE

Du fait de la triple conceptualisation du signe, le sens se construit, à force d’emplois, dans des contextes et des situations qui sont autant de constructions de l’expérience humaine.

On peut cependant remarquer qu’il est rare qu’à un “signifiant” d’un signe corresponde un sens et un seul.

Exemple: on peut parler du sel (opposé à poivre) du sel de la vie, du sel de la mer

C’est que l’expérience humaine n’est pas une donnée universelle et définitive. D’une part, c’est chaque groupe social qui la construit en fonction de son vécu, d’autre part elle change et se modifie avec le temps. Donc des sens nouveaux sont construits et des signes nouveaux apparaissent.

Il est vrai que ce serait plus simple d’avoir un signifiant auquel correspondrait de manière biunivoque un sens, mais notre mémoire serait encombrée par un catalogue incommensurable de signifiants. Il existe donc le “principe d’économie linguistique” qui régit le phénomène de création des signes.

Ainsi, il est plus économique d’avoir une même signifiant canard pour dénommer un animal, une fausse nouvelle, un journal….

Ce phénomène de diversification du sens sous un même signifiant est donc un état naturel du langage.

Il permet de procéder à un classement différent de celui qui repose sur les relations de sens, bien qu’il lui soit connexe. Ce classement concerne les types de rapports qui s’établissent entre “signifiant” et “sens” en fonction des “domaines d’expérience” auxquels ils appartiennent.

L’HOMONYMIE est l’un des rapports qui peuvent être définis dans ce classement.

Deux mots constituent une “homonymie” lorsqu’ils présentent un signifiant identique et des signifiés radicalement distincts.

Ce phénomène se produit lorsque deux mots ont une origine étymologique différente: canon (pièce d’artillerie) et canon (loi ecclésiastique); son (bruit) et son (résidu de blé)…etc.

Tous ces exemples d’homonymie s’écrivent et se prononcent de la même façon.

Cependant, on pourra utiliser le terme homographie pour signaler l’identité graphique, même si les prononciations diffèrent comme pour fils (parenté) et fils (à coudre) et le terme homophonie lorsqu’on voudra signaler l’identité phonique, même si les graphies différent: conte et compte, ceint et sein , sain etc…

Bien des jeux de mots reposent sur l’homonymie, notamment ce qu’il est convenu d’appeler le “calembour”. Une expression comme raisonner comme une pantoufle pour signifier que l’on raisonne très mal est fondée à l’origine sur l’homophonie raisonner / résonner : une pantoufle ne fait pas de bruit, elle ne résonne pas.

VII -LES FAUX AMIS

Il existe un certain nombre de mots en français et en espagnol très semblables par leur forme et qui ont toutefois un sens différent.

On appelle ces mots les “faux amis” de la traduction.

Ainsi le mot espagnol armada, qui ressemble par sa forme au mot français armée, n’a pas le même sens; armada se traduit en français par flotte, et armée se traduit en espagnol par ejercito.[1]

VIII – CREATIVITE LEXIQUE

Une communauté sociolinguistique ne cesse de faire bouger son lexique. Il s’agit pour elle, d’une part de nommer de nouvelles réalités linguistiques pour rendre compte d’expériences nouvelles, d’autre part de subvenir à ses besoins de communication .

Ainsi sont constamment créés des signes qui auront une “fonction référentielle “, plus ou moins objective (par ex. micro-ordinateur, imprimante…) et une “fonction d’expressivité” plus ou moins subjective, résultant de l’usage qui en est fait dans tel ou tel groupe social (par ex. “mon chou” pour exprimer de la tendresse)…

Comme le langage se développe toujours en situation, on peut distinguer 3 grandes types de situations qui président à la création lexicale: spécialisation, vulgarisation et quotidienneté

8.1.La situation de spécialisation

La situation de spécialiation qui se définit par le fait que des sujets sociaux communiquent entre eux dans leur cadre socioprofessionnel, ou de spécialité. Cette situation engendre un vocabulaire spécialisé, compris par les seuls spécialistes et qui se développe plus ou moins selon les époques.

8.2.La situation de vulgarisation

La situation de vulgarisation qui se définit par le fait que certains sujets, plus ou moins spécialistes, s’adressent à d’autres sujets, non spécialistes, ou que des sujets non-spécialistes, échangent entre eux, à propos d’objets ou de phénomènes qui appartiennent à un domaine de spécialité.

Cette situation engendre: soit un vocabulaire parallèle au vocabulaire spécialisé (globule blanc pour leucocyte, forme pour signifiant…), soit une transformation du sens du mot spécialisé: c’est le cas du mot impliquer, passé des mathématiques à son usage banal, de déterger (médecine) devenu détergent (usage domestique)…etc.

8.3.La situation de quotidienneté

La situation de quotidienneté qui se définit par le fait que les sujets communiquent en dehors du cadre technique de leurs échanges socioprofessionnels. Cette situation engendre un vocabulaire du quotidien que l’on entend dans la rue , dans les bars, au cours de réunions amicales, etc..

Il se compose d’une part d’un vocabulaire fonctionnel qui sert à décrire des faits d’expérience commune, et d’autre part d’un vocabulaire qui, suivant la mode et l’actualité, est mis sur le marché du langage par le bouche à oreille, la rumeur publique et par les médias (c’est le cas de désinformation, soixante-huitard, pub, zapper, etc.)

Ces 3 grands types de situations de communication peuvent se combiner avec des effets d’expressivité susceptibles d’indiquer une caractéristique sociale ou psychologique du sujet parlant laquelle dépendra du contexte et de la situation de l’acte de langage :

– pour les caractéristiques sociales il s’agira des mots qui font “snob”, “populaire”, “bourgeois”, “branché”,”argotique”, “savant”, “régional” etc…

– pour les caractéristiques psychologiques il s’agira des mots qui font “familier”, “distant”, “pédant”, “simple”, “froid”, “affectueux”, “agressif”, etc…

A considérer les raisons qui font bouger le langage, on pourrait penser que la création lexicale se fait de façon anarchique , au gré des modes , du progrès scientifique et de la transformation de la vie quotidienne. Mais , toute langue possède une économie de son système linguistique qui comprend des règles et des modèles de formation des signes. Ainsi, la création lexicale respecte un certain nombre de procédés qui concernent tantôt la “forme” des mots, tantôt leur “sens”, bien que les deux soient toujours liés.


[1] Ver ejemplos en fotocopia