Tema 9 – Système phonologique de la langue française (1): voyelles, des consonnes et des semi-voyelles. Comparé au système phonologique de la langue officielle de la Communauté autonome.

I -LE CLASSEMENT ET LE FONCTIONNEMENT DES VOYELLES

1.1.Les résonateurs vocaliques

Le timbre d’une voyelle est formé par l’addition des résonances de deux principales cavités buccales, auxquelles peuvent s’ajouter celles de la cavité labiale ou de la cavité nasale. Les résonateurs se modifient selon la position de la langue, du voile du palais et des lèvres. Ils engendrent différents types de voyelles:

1.1.1.Types vocaliques ouverts ou fermés

L’aperture de la voyelle est définie par rapport au degré plus ou moins écarté de la mâchoire et à l’élévation plus ou moins importante de la langue. Dans le cas d’écartement maximum, comme pour [ ], on a une voyelle très “ ouverte ” ou “ basse ” et inversement, pour [ ] ou [ ] par exemple, une voyelle très “ fermée ” ou “ haute ”. Il s’agit d’ailleurs d’une fermeture toute relative puisque les voyelles sont des phones toujours ouverts par rapport aux consonnes.

1.1.2.Types vocaliques antérieurs ou postérieurs

Selon que le lieu d’articulation est vers l’avant ou l’arrière du palais, on dit qu’on a une voyelle “ palatale ” ou “ antérieure ”, comme [ ] et [ ], ou une voyelle “ vélaire ” ou postérieure ” comme [ ].

1.1.3.Types vocaliques oral ou nasal

Si le voile du palais s’abaisse, il provoque une résonance nasale, qui différencie alors une voyelle comme celle de “ banc ” [ ] de celle de “ bas ” [ ]. Phonétiquement les voyelles nasales, sont en réalité oralo – nasales. L’air expiré par le nez ne représente qu’une faible partie de la voyelle nasale. Elles ont une articulation légèrement plus postérieure que celle des voyelles orales correspondantes. On peut distinguer quatre voyelles nasales : [ ] “pain”, [ ] “ enfant ”, [ ] “ pont ”, [ ] “ un ”. [ ] et [ ] sont articulées vers l’avant, [ ] et [ ] vers l’arrière; [ ] et [ ] sont les plus labialisées.

1.1.4.Type labial ou non labial

Lorsque les lèvres s’avancent, elles agrandissent le résonateur buccal et bémolisent alors le timbre de la voyelle. Les voyelles postérieures ou vélaires sont en même temps labiales ou “ arrondies ”. Le français possède aussi une série de voyelles palatales labialisées: [ ].

Les français possèdent donc aujourd’hui quatre séries de voyelles:

– Antérieures ou palatales simples [ ] .

– Postérieures ou vélaires arrondies [ ].

– Palatales arrondies [ ].

– Nasales [ ].

Voici le trapèze articulatoire des voyelles françaises :

ANTERIEURESPOSTERIEURES

EcartéesArrondiesArrondies

Très fermées i yu

Fermées e o o

Moyenne o

Ouvertes oe

oe

Très ouvertes a a

Le système vocalique est asymétrique. la mâchoire s’écarte plus pour les voyelles d’avant que pour celles d’arrière. Les différences articulatoires et leurs variations peuvent dont être beaucoup plus grandes pour les voyelles antérieures [ ], [ ], [ ], [ ] que pour les postérieures [ ], [ ], [ ], [ ].

1.2.Variations vocaliques

1.2.1. Variantes vocaliques contextuelles

Sous l’influence d’une autre phone, souvent une consonne, une voyelle peut devenir plus antérieure, postérieure, nasale, ouverte, etc. Cependant, un type d’assimilation appelé “ harmonisation vocalique ” est facilement décelable. Il se produit avec la voyelle [ ] inaccentuée (donc en position faible) qui se ferme sous l’influence d’une des voyelles fermées [ ], [ ] ou [ ], placées sous l’accent (donc en position forte). On aura par exemple :

aime [ ] ® aimé [ ]

Je sais [ ] ® sais-tu [ ] etc.

1.2.2.La distribution complémentaire

On peut résumer les grandes lois phonétiques de la variation des timbres vocaliques à partir du fonctionnement accentuel et syllabique :

En syllabe inaccentuée, les voyelles tendent à devenir moyennes. Si l’on prononce maison, pâtisseries, ornement avec un timbre entre e/ , /a, o/ , le fait ne sera pas remarqué.

En syllabe accentué, c’est à dire en finale prononcée de mot, il faut considérer le type de syllabation. On appelle syllabe ouverte, toute syllabe se terminant par une voyelle prononcée. Au contraire, une syllabe terminée par une consonne sera dite syllabe fermée.

On obtient alors ce que les linguistes appellent loi de distribution complémentaire et les phonéticiens, la loi de position, que l’on peut énoncer ainsi: dans une syllabe accentuée fermée, la voyelle est ouverte et dans une syllabe accentuée ouverte, la voyelle est fermée.

1.2.3.Exceptions à la loi de distribution complémentaire

En ce qui concerne les voyelles [ ] [ ] et [ ] cette loi présente des exceptions explicables par l’étymologie, la graphie ou un phénomène d’assimilation:

1. E, en syllabe accentuée ouverte, est généralement ouvert [ ] avec les graphies: -et, ais, ait aient, aix, etc., comme dans “ ballet ”, “ jamais ”, “ chantait ”…

2. EU, en syllabe accentuée fermée se prononce avec le timbre fermé [ ] dans toutes les terminaisons -euse, -euze, -eusent, où le son [ z ] a une influence fermante, comme dans les mots “ danseuse ”, “ creusent ”, ainsi que dans le mot “ jeûne ”.

3. O, en syllabe accentuée fermée se prononce étymologiquement fermé et long [ ] dans le mots où la graphie est “ au ” comme dans “ haute ”, de même avec la graphie “ ô ”, dans des mots comme “ hôte ”, où l’accent circonflexe marque la chute d’une consonne, ou dans des mots d’origine grecque, écrits avec ou sans accent circonflexe, comme “ pôle ”, “ gnome ”, etc.

En outre, la terminaison [ ] se comporte phonétiquement comme celle de

[ ] ; le [ ] exerce une influence fermante et l’on a ainsi : “ chose ” [ ] etc.

1.2.4.Oppositions phonologiques

– Opposition de E en syllabe ouverte : / / – / / :

gré/grès ; poignée/poignet …

j’ai/j’aie ; j’irai/j’irais …

– Oppositions de EU en syllabe fermée : / / – / / :

veule/veulent ; jeûne/jeune

– Oppositions de O en syllabe fermée : / / – / / :

Aude/ode ; nôtre/notre …

1.2.5.Le cas du A

A la variation de ces trois voyelles, E, EU, O, il faut ajouter celle du A, qui ne suit pas les règles de la distribution complémentaire. Le jeu syllabique n’a aucun effet sur sa prononciation. Il s’agit plutôt de facteurs étymologiques. En effet le A est postérieur et long dans les mots avec accent circonflexe comme dans “ pâques ” et dans un certain nombre de monosyllabes, tels que “ gaz ”, “ casse ”, etc. Mais [ ] a une très faible occurrence.

1.2.6.Variation d’origine dialectale

Pour ne prendre que quelques exemples, les oppositions de timbres du E, dans des paires mininales telles que irai / / ¹ irais / / tendent à disparaître soit au profit du [ ] en province, soit au profit de [ ] à Paris.

Dans l’ouest de la France, on entend encore des prononciations de E fermés en syllabe ouverte, comme la pêche [ ] chez des ruraux âgés.

Pour la A, les méridionaux ne connaissent généralement que le [ ] antérieur. Dans le Nord, la fréquence d’emploi du [ ] postérieur est très variable selon les dialectes.

Chaque région a conservé des variantes spécifiques, en fonction de la couche sociale, l’éducation, l’âge etc.

1.3.Le E caduc

1.3.1.Définition

Le E caduc doit son nom au fait qu’il peut tomber. On l’appelle également, E instable, ou E muet.

En français moderne, à l’oral, E muet de fin de mot (pote) sert à marquer la prononciation de la consonne finale, alors que celle-ci ne se prononce généralement pas si elle est en finale (pot).

Le timbre du E [ ] caduc est lui aussi très instable, fluctuant selon les régions, les individus ou le contexte, entre le EU ouvert d’un mot comme “ seul ” et le EU fermé d’un mot comme “ ceux ”.

Actuellement, le E caduc n’apparaît qu’en syllabe ouverte, comme les E de cet énoncé : je/le/re/de/man/de/ce/re/por/ta/ge.

D’autre part, quelques mots présentent l’ancienne ortographe d’une voyelle affaiblie en E caduc dans : monsieur [ ], faisait [ ].

1.3.2.Règles distributionnelles générales

E caduc initial du groupe rythmique: dans ce cas, le E caduc est instable. On entend aussi bien “je pars”, que “j’pars”.

E caduc final de groupe rythmique: en général, il ne se prononce pas. On dit “je pens(e)”.

E caduc intérieur de groupe rythmique:

a) précédé d’une seule consonne prononcée, il tombe: la p(e)tite [ ].

b) précédé de plus d’une consonne prononcée, il se prononce: un(e) petite [ ].

1.3.3.Variations contextuelles

Une consonne occlusive au début d’un groupe rythmique a tendance à maintenir le E caduc. On dit plus aisément: “Que voulez-vous” que “Qu’voulez-vous”.

Le risque d’une confusion phonologique fait que l’on garde le E caduc de mots comme dehors (opposé à dors).

L’influence étymologique a fait conserver le E caduc devant tous les mots avec H aspiré. Ces mots sont d’origine germanique, anglo-saxonne, nordique, turque, arabe, mexicaine, etc. Ils sont donc, en français, postérieurs à ceux du fond latin, dont le H est devenu muet. C’est pourquoi on dit “ l’homme ”, avec élision du E caduc mais “ le hareng, le haricot ”, avec le E caduc prononcé.

La distribution. La langue cherche à éviter des groupes inconnus ou peu fréquents. Des mots comme “ guenon ”, conservent plus facilement leur E caduc que “ fenêtre ” et “ refaire ”.

1.4.Comparaison des voyelles françaises et espagnoles

Le tableau des voyelles espagnoles se présente de la façon suivante :

antérieurespostérieures

fermées

ouvertes

très ouverte

Nous pouvons observer que le système vocalique français, composé de 16 éléments et plus complexe que celui de la langue espagnole, composé uniquement de 5 unités. Cela oblige à articuler le français avec une grande précision. C’est la première règle de la phonétique française: grande tension articulatoire. L’espagnol, qui a moins de confusions à craindre, peut se permettre, au contraire un certain relâchement articulatoire.

Par rapport à l’espagnol, le vocalisme français est caractérisé notamment par quatre traits typiques :

– par le rôle important que joue le voile du palais pour différencier les voyelles orales et nasales. Cette propriété articulatoire n’existe pas en espagnol, donc on n’a pas de voyelles nasales en espagnol.

– par la prédominance des articulations antérieures: sur seize voyelles usuelles, dix sont antérieures. Cela donne au français une résonance vocalique claire.

– par la prédominance et l’intensité de l’articulation labiale: pour onze voyelles, l’articulation est accompagnée d’une projection et d’un arrondissement des lèvres particulièrement importants. L’espagnol ne possède pas de voyelles palatales labialisées.

– un dernier trait à remarquer c’est qu’en français seules les voyelles très fermées ne connaissent qu’un timbre: elles sont toujours fermées. Les autres voyelles ont toutes deux timbres bien distincts : elles sont soit fermées, soit ouvertes.

L’espagnol a des réalisations fermées ou ouvertes des phones vocaliques, mais en aucun cas cela est un trait distinctif ou fonctionnelle. Ex : / / Þ [ ] [ ], etc.

II -LE CLASSEMENT ET LE FONCTIONNEMENT DES CONSONNES

2.1.Modes articulatoires des consonnes

Lorsqu’il s’agit de classer les consonnes, les phonéticiens regroupent généralement sous le terme de “ modes articulatoires ” les différents aspects suivants:

– mode de fonctionnement laryngien: voisé/non voisé ou sourd/sonore. Les cordes vocales vibrent pour [ ], et ne vibrent pas pour

[ ].

– mode de fonctionnement vélaire (voile du palais): oral/nasal. Le voile du palais est relevé, l’air passe uniquement par la bouche, pour [ ] ou le voile est abaissé et l’air passe également par le nez, pour [ ].

– mode de fonctionnement articulatoire: occlusif/constrictif ou fricatif. Le passage de l’air est obstrué pour [ ] ou simplement rétréci, pour

[ ].

Les consonnes occlusives nasales ne sont que partiellement occlusives puisque l’air résonnant dans les cavités nasales s’échappe par le nez pendant le durée de l’occlusion buccale.

Physiologiquement, il y a une loi de compensation entre l’énergie dépensée au niveau du larynx et au niveau des articulations supra-glottiques. Ainsi une consonne sourde ou non voisée, comme [ ], est plus forte articulatoirement qu’une consonne sonore ou voisée, comme [ ], dont l’énergie a été en partie absorbée par les vibrations glottales.

2.2.Lieux d’articulation des consonnes

Les modes articulatoires ne suffisent pas à classer les consonnes. Il faut y ajouter les lieux d’articulation qui sont ainsi définis :

– bilabiales: [ ] les deux lèvres sont en contact.

– labio-dentales: [ ] la lèvre inférieure s’appuie contre les incisives supérieures.

– apico-dentales: [ ] la pointe de la langue s’appuie contre les dents supérieures.

– pré-dorso-alvéolaires: [ ] la partie antérieure du dos de la langue touchant les alvéoles tandis que la pointe de la langue reste inerte contre les dents inférieures. On les appelle consonnes “ sifflantes ”.

– apico-alvéolaire: [ ] la pointe de la langue s’appuie contre les alvéoles et l’air s’échappe par les côtés. C’est pourquoi on l’appelle “ latérale ”.

– prédorso-prépalatables, labiales : [ ] la partie avant du dos de la langue s’apuie contre la partie avant du palais dur. Les lèvres s’avancent. On les appelle consonnes “ chuitantes ”.

– médio palatale: [ ] la partie médiane du dos de la langue s’appuie contre la partie centrale de la voûte du palais. Cette consonne existe traditionnellement en français dans des mots comme “ accompagner ”.

– dorso-palatales: [ ] lorsqu’elles sont suivies d’une voyelle antérieure, comme [ ] ou [ ]. Le dos de la langue s’appuie contre le palais dur.

– dorso-velaire: [ ] si elles sont suivies d’une voyelle postérieure, comme [ ]. Le dos de la langue s’appuie contre le voile du palais.

– postdorso-vélaire: [ ] la partie postérieure du dos de la langue s’appuie contre le voile du palais. Il s’agit d’un phone emprunté à l’anglais et qui n’existe, en français, que dans les terminaisons en – ing. La réalisation de ce phonème se fait dans la majorité des cas exactement comme en anglais, c’est-à-dire sans adjonction de la consonne orale [ ].

– dorso-levulaire: [ ]

La spécification des lieux et des modes articulatoires que l’on vient de voir constitue ce que l’on appelle un trait articulaire.

On l’appelle trait distinctif lorsqu’il permet d’apposer de façon linguistiquement pertinente, phonologique, une consonne à un autre.

Le trait articulatoire: occlusif/fricatif n’est pas pertinent d’un point de vue phonologique. C’est l’examen des rapports qui existent entre les différentes unités du système qui permet de déterminer parmi tous les traits phonétiquement présents ceux qui ont une valeur distinctive. Ainsi la consonne [ ] est phonétiquement à la fois occlusive, orale, bilabiale et sourde. Sa surdité est un trait pertinent puisqu’il existe une occlusive orale sonore [ ] qui se distingue effectivement de la sourde [ ] par sa sonorité. Le caractère oral est également pertinent puisqu’il permet de distinguer cette consonne de la nasale bilabiale [ ]. En revanche, il n’existe pas dans le système de bilabiale qui ne soit pas occlusive; c’est par ses traits de bilabiale et de sourde et non pas par son caractère occlusif que [ ] se distingue des autres consonnes orales du système.

2.3.Les Semi-Consonnes

Le yod [ ] et le ué [ ].

Plus fermées que [ ] et [ ], dont elles dérivent, ces deux semi-consonnes ont sensiblement la même articulation linguale. Partie médiane du dos de la langue rapprochée de la partie antérieure du palais. Mais le yod est plus central et plus fermé et le ué ajoute le trait de labialité.

Le oué [ ]

Plus fermée que [ ], dont elle dérive, cette semi-consonne s’articule avec la partie postdorsale de la langue rapprochée du voile du palais.

Les semi-consonnes n’ont pas de valeur phonologique en français. On peut toujours les remplacer par la voyelle à laquelle elles correspondent. Elles n’en sont que de variantes distributionnelles. Le yod remplace le [ ] devant une voyelle: “ hier ” [ ] , “ scier ” [ ], etc. Le ué remplace le [ ] dans les mêmes distributions: “ lui ” [ ], suer [ ], etc. Le oué remplace le [ ] dans les mêmes conditions: “ Louis ” [ ]. Souhait [ ], etc.

Cependant, on garde la voyelle lorsqu’elle est précédée de deux consonnes dans la même syllabe: “ trier ” [ ], “ trouer ” [ ], “ cruelle ” [ ]. Mais le groupe “ ui ” se prononce toujours avec ué, en une seule syllabe, comme dans “ pluie ”, “ truite ”, probablement à cause de la proximité des deux articulations du ué et du [ ].

2.4.Variantes combinatoires de lieux d’articulation

Le passage des voyelles aux semi-consonnes correspondantes, constitue un phénomène phonétique d’assimilation, qui résulte de la loi générale du moindre effort. Parmi les principaux types d’assimilation consonantique, on trouve :

· L’antériorisation: le [ ] ou le [ ] sont prononcés avec le dos de la langue vers l’avant du palais dur lorsqu’ils sont suivis d’une voyelle antérieure comme [ ] ou [ ], par opposition à la postériorisation des mêmes phones, s’ils sont suivis d’une voyelle postérieure comme [ ] ou [ ].

· La palatalisation: la langue s’écrase contre le milieu de la voûte palatine. Le phénomène se produit souvent lorsque la consonne antérieure [ ] ou la consonne postérieure [ ] sont suivies d’une voyelle haute comme [ ] ou [ ] qui attirent le dos de la langue vers la voûte du palais.

2.5.Variantes combinatoires de modes d’articulation

· Voisement/dévoisement

Lorsque les deux consonnes sont en contact, la plus forte assimile la faible. Si les deux consonnes se trouvent dans la même syllabe, dans les groupes consonne + R ou consonne + L qui sont indissociables, la sourde, qui est toujours la plus forte, dévoise alors la sonore. Ex. : “ très ” [ ], “ clé ” [ ] .

Le phénomène peut aussi se produire en groupe final, comme dans : “ animisme ” [ ], le [ ] sonore devient sourd en français standard.

Lorsque les deux consonnes en contact sont deux syllabes séparées, ce n’est plus la nature du phone mais sa position qui compte. C’est la seconde (explosive, donc forte) qui assimile la première (implosive, donc faible). Si l’assimilation est totale, on aura :

ab/sent [ ] : le [ ] sonore devient sourd, donc [ ].

médecin [ ] : le [ ] sonore devient sourd, donc [ ].

ic/berg [ ] : le [ ] sourd devient sonore, donc [ ].

anec/dote [ ] : le [ ] sourd devient sonore, [ ].

La consonne assimilée ne l’est pas toujours totalement

· Variante de nasalisation

Il y a de nombreux cas de nasalisation en ancien français. En français moderne, les consonnes nasales n’ont guère d’influence notable sur les voyelles environnantes. Par contre, il arrive, dans une articulation relâchée, qu’une voyelle nasale nasalise une consonne orale (d devient n) comme dans là-dedans [ ].

On trouve également, dans une articulation relâchée, des assimilations de consonnes, dont le principe est le mème que celui du mécanisme de la sonorisation ou désonorisation. La forte assimile la faible: Ma(d)emoiselle, devient [ ] et M(on)ieur [ ].

2.6.Les variantes consonantiques fonctionnant comme indices dialectaux ou sociaux

Les variantes combinatoires, évaluées hors du groupe, peuvent prendre une connotation dialectale ou sociale.

La forte palatalisation de [ ], [ ] ou [ ] et [ ] est perçue comme rurale, de l’Ouest; du Nord, ou du Centre, ou jugée populaire, en particulier à Paris, “ casquette ” prononcé comme “tyastyette” ou “ tiens ”, articulé comme [ ], sont des exemples courants.

En français standard, les occusives ne sont pas aspirées. Mais elles peuvent l’être dialectalement, dans les parlers ruraux de Normandie, de Picardie ou du français canadien, par exemple.

De même [ ] et [ ] pour [ ] et [ ] sont des assibilations, comme [ ] pour “ mardi ”. Elles sont détectées en France comme dialectales mais passent inaperçues au Québec.

La médio-dorso-médio-palatale [ ] d’un mot comme “ agneu ” a comme variante dialectale ou sociale une antériorisation, en deux phones [ ]. “ Agnès ” étant prononcé [ ] au lieu de [ ]. Inversement, on peut entendre une postériorisation et une fusion de [ ] en [ ] dans un mot comme “ panier ”, prononcé comme “ pagnier ”. Dans le premier cas, l’antériorisation semble perçue comme préciosité, dans le second, la postériorisation paraît un trait populaire.

Le français possède plusieurs variantes articulatoires de R. Les différents types de R dits à battements ou à roulements, sont parfois classés, sous le nom de consonnes vibrantes.

2.7.Comparaison des consonnes françaises et espagnoles
Voici le sons espagnols qui n’existent pas en français :

[ ] Bilabiale sonore fricative. C’est un [ b ] prononcé sans fermer complètement les lèvres.

[ ] Fricative interdentale sourde

[ ] Dentale sonore fricative. C’est un [ d ] dans oclusion.

[ ] ou [ ] Affriquée palatale sourde.

[ ] Fricative velaire sourde.

[ ] Velaire sonore fricative. C’est la sonore correspondante à [ ] très voisine du

[ ] “ parisien ” sans vibrations

[ ] r “ roulé ” doux, à une seule vibration

[ ] r “ roulé ” fort, à plusieurs vibrations.

[ ] ou [ ] “ l ” palatale, différent du “ l mouillé ” français qui n’est en réalité qu’un [ ].

En espagnol, le facteur “ oclusion ” est bien autre chose qu’en français. Les fricatives s’opposent bien aux fortes par l’occlusion puisque les fortes sont toujours occlusives. Cependant les douces sont fricatives entre deux voyelles et en général après des consonnes autres que les nasales. Ceci est important parce que les sonore intervocaliques françaises sont nettement occlusives. Les élèves auront beaucoup de mal à prononcer les occlusives sonores françaises entre deux voyelles.

D’autre part, l’importance du facteur sonorité est si faible en espagnol que nos élèves ont beaucoup de mal à apprendre à distinguer, par exemple, [ s ] de [ z ]. Or le facteur sonorité a une importance fonctionnelle primordiale en français.

Pour les autres sous, pris isolément, la seule difficulté c’est le [ R ] que nos élèves remplacent souvent spontanément par [ ].

En ce qui concerne les consonnes finales, l’espagnol n’a guère que quatre consonnes qui peuvent se trouver en position finale: [ s ], [ n ], [ l ], [ r ]. Ces consonnes sont très différentes des consonnes finales françaises. Elles appartiennent toujours à la même syllabe que la voyelle précédente, ce sont donc des consonnes implosives; elles sont très relâchées très brèves. De plus, à part le [ l ], elles sont un timbre différent à celui de leurs correspondantes françaises.

En français les consonnes finales sont encore parfois soutenues par la trace d’un “ e muet ” qui les suivait généralement autrefois. Elles ont donc gardé une articulation de consonne initiale de syllabe: phase finale nettement perceptible, netteté et tension; durée relativement importante, présence après l’explosion d’un souffle plus ou moins vocalique.

Le cas de nasales finales pose un problème spécial. Le [ n ] final espagnol est dépourvu de sa phase finale, très affaibli et très relâché, avec un point d’articulation peu précis qui peut aller jusqu’à [ ]. Intimement lié à la voyelle précédente, il la colore de son timbre, ce qui donne des voyelles plus ou moins nasalisées.

Le tableau de consonnes françaises se présente donc de la façon suivante :

Lieux

Modes

Bilabiales

Labio – dentales

Apico –

dentales

Prédorso – alvéolaires

Prédorso –

préalatales

bilabiales

Apico – alvéolaire

Médio –

palatale

Dorso –

velaires

Dorso –

Uvalaire

Sourdes

(Non- voisées)

p

f

t

s

     

k

 

Sonores

(Voisées)

b

v

d

z

     

g

R

Nasales

m

               

Le tableau des consonnes espagnoles se présente de la façon suivante :

LIEUX

BILIABALES

LABIO-DENTALES

DENTALES

PALATALES

VELAIRES

MODES

Sourde

Sonore

Sourde

Sonore

Sourde

Sonore

Sourde

Sonore

Sourde

Sonore

Fortes

Oclusives

Douces

/p/

/b/

/ /

   

/t/

/d/

/ /

   

/k/

/g/

/ /

Fricatives

   

/f/

 

/ /

 

/s/

/y/

/x/

 

Affriquée

           

/c/

     

Nasales

 

/m/

     

/n/

 

/n/

   

Latérales

         

/l/

 

/l/

   

Vibrantes

         

/r/

/ /

       

//= Sons ayant une valeur fonctionnelle, permettant de distinguer des mots.

[ ]= Différentes réalisations de ces sons.

Publicado: agosto 11, 2015 por Santiago

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