Tema 54 – La Quatrième République française et le développement économique d’après-guerre. Le Existencialimo et ses implications sociales. La crise en Algérie et la naissance de la Ve République.

Tema 54 – La Quatrième République française et le développement économique d’après-guerre. Le Existencialimo et ses implications sociales. La crise en Algérie et la naissance de la Ve République.

1.INTRODUCTION

2.LA IV RÉPUBLIQUE

2.1.LE RETOUR À LA PAIX

2.2.VERS DE NOUVELLES INSTITUTIONS

2.3.LA IV RÉPUBLIQUE FACE À SES ADVERSAIRES

2.4.LE PROBLÈME ALGÉRIEN

2.5.VERS LA FIN DU RÉGIME

3.L´EXISTENTIALISME ET SES DÉRIVATIONS SOCIALES

4.CONCLUSION

5.BIBLIOGRAPHIE

1.INTRODUCTION

-La France libérée entreprend une reconstruction et une modernisation économique basées sur différents plans venus de l´extérieur.

-Les institutions de la IV République amènent un retour aux mœurs politiques de la III République finissante.

-La crise de la décolonisation et surtout la guerre d´Algérie, emporte le régime en mai 1958.

-Parallèlement un mouvement de littérature engagée apparaît : il s´agit de l´existentialisme dont Sartre est un des principaux inventeurs.

2.LA IV RÉPUBLIQUE

2.1.LE RETOUR À LA PAIX

-À la libération, le 6 juin 1944, les alliés débarquent en Normandie.

-Ils avaient envisagé au départ une administration militaire des territoires libérés.

-Mais De Gaulle, fort de l´appui des populations, impose l´autorité des représentants du gouvernement provisoire.

-Après la libération de Paris, le 25 août 1944, et la formation d´un gouvernement « d´unanimité Nationale » le GPRF est reconnu officiellement par les alliés.

-Mais De Gaulle doit aussi faire accepter son autorité par les pouvoirs locaux issus de la Résistance.

-Ce n´est qu´au bout de plusieurs mois que le gouvernement met fin à une situation parfois proche de l´anarchie.

-Pour couper court à l´épuration spontanée qui accompagne la libération, marquée d´arrestations arbitraires, le garde des Sceaux crée les cours spéciales de justice.

-Elles prononcent 38.266 condamnations, dont 2.853 condamnations à mort, et 76 personnes sont exécutées.

-Les ministres de Vichy sont conduits devant une Haute Cour de Justice.

-Elles condamnent à mort Pierre Laval et le maréchal Pétain, dont De Gaulle substitue la peine à détention à vie.

-La guerre contre l´Allemagne nazie se poursuit jusqu´à la capitulation le 8 mai 1945.

-De gaulle veut que la France soit présente dans la lutte finale.

-Les volontaires venus des Forces Françaises de l´Intérieur réalisent un amalgame avec les troupes venues de l´Angleterre et de l´Afrique du Nord.

-La France est représentée lors de la capitulation de l´Allemagne mais n´est pas invitée aux conférences des trois grands à Yalta (février 1945) et Postdam (Juillet 1945).

-La défaite avait fortement ébranlé la position internationale de la France.

-La création, par le décret du 3 janvier 1946, du plan de modernisation et d´équipement, la nationalisation de l´énergie et d´une partie du secteur bancaire s´inscrit dans cette volonté de forger une France nouvelle, dotée d´une économie moderne.

-Le rationnement continue avant de mettre en marche les plans de relance du système à partir de 1949.

-Le plan Marshall (1948-1952) est un plan d´assistance économique des États-Unis à l´Europe.

-Tout cela se voit conforter par des mesures sociales telles que :

· La relance du syndicalisme.

· La création des comités d´entreprise.

· Un système de sécurité sociale qui protège les travailleurs et aide les familles nombreuses.

-Dès 1947, le niveau de production de 1938 est retrouvé.

2.2.VERS DE NOUVELLES INSTITUTIONS

-Dans cette aspiration profonde à une rénovation qui s´affirme après la Libération, se pose la question des institutions.

-Le 21 octobre 1945 les français sont consultés par référendum sur les institutions.

-En même temps, ils élisent, à la représentation proportionnelle dans le cadre départemental, une assemblée.

-À la première question : « voulez-vous que l´assemblée élue ce jour soit constituante ? », 96´1% des suffrages répondent oui.

-La deuxième question demande d´approuver le projet de loi organisant les pouvoirs publics jusqu´à la mise en vigueur de la nouvelle constitution.

-Le oui l´emporte avec 66´3% des suffrages exprimés.

-Le même jour, les élections donnent la nouvelle configuration politique du pays.

-Le Parti Communiste connaît une croissance exceptionnelle, conséquence de son rôle à la Libération et du prestige de l´URSS.

-Une formation nouvelle apparaît : Le Mouvement Républicain Populaire (MRP), qui se réclame de la démocratie chrétienne, mais aussi du général De Gaulle.

-De Gaulle est élu président du gouvernement à l´unanimité par la constituante.

-Mais il entre en conflit avec la constituante, qui entend le tenir à l´écart de l´élaboration de la Constitution.

-Le 20 janvier 1946, après le débat sur les crédits de défense nationale, il démissionne.

-Il espère créer la situation qui lui permettrait de faire triompher ses idées, après avoir été rappelé.

-Le socialiste Félix Gouin devient président du gouvernement provisoire.

-En même temps, De Gaulle s´efforce de peser dans le débat constitutionnel.

-Dans le discours de Bayeux, le 16 juin 1946, après l´élection de la deuxième constituante, il expose ses idées.

-Il souhaite que le chef de l´État, « placé au-dessus des partis », élu par un collège « beaucoup plus large » que le parlement, soit un « arbitre au-dessus de contingences politiques ».

-Une partie de l´électorat, notamment au sein du MRP l´écoute.

-La nouvelle Constitution est approuvée par 53% des suffrages exprimés.

-Le régime ne dispose à sa naissance que d´un médiocre soutien.

2.3.LA IV RÉPUBLIQUE FACE À SES ADVERSAIRES

-Après les élections du 10 novembre 1946 à l´assemblée nationale et après l´élection du Conseil de la République, un socialiste proche de Léon Blum, Vincent Auriol, est élu président de la IV République.

-La longue période provisoire qui avait suivi la libération se terminait enfin.

-Le socialiste Paul Ramadier forme un gouvernement qui poursuit le tripartisme, associant communistes, socialistes et républicains populaires.

-Mais lorsque les communistes s´opposent à la politique des salaires du gouvernement, le président du Conseil, usant des pouvoirs que la Constitution lui donne, révoque les ministres communistes en 1947.

-Ils espèrent d´abord de revenir au pouvoir.

-Mais l´entrée dans la guerre froide et la pression de Moscou conduisent à l´automne de 1947 le Parti Communiste à une opposition radicale au régime.

-Celui-ci rencontre d´autre part, l´hostilité du RPF (Rassemblement du Peuple Français), fondé par De Gaulle le 7 avril 1947 pour réviser les institutions.

-Face à cette double opposition s´affirme une majorité de Troisième Force qui va des socialistes à la droite modérée, unis sur l´essentiel :

· La défense du Régime.

· L´alliance atlantique contre la menace soviétique (traité de l´Atlantique Nord, signé le 4 avril 1949)

· Le construction européenne (le traité instituant la Communauté Européenne du charbon et de l´acier, CECA, est signé le 18 avril 1951).

-Mais les partis s´opposent sur la question de l´école et les subventions aux écoles privées et sur la politique économique et sociale.

-Ainsi les gouvernements sont instables, même si la majorité de Troisième Force se réforme après chaque crise.

-Le vote de la loi Barangé accordant des subventions aux écoles privées prive la Troisième Force de sa victoire : les socialistes quittent la majorité.

-Le balancier se déplace vers le centre droit, comme l´atteste l´arrivée à la présidence du conseil d´un indépendant, Antoine Pinay, le 6 mars 1952.

-Celui-ci sait trouver l´écoute de l´ opinion par sa manière simple et son appel au bon sens.

-Il rallie une partie des élus du RPF.

2.4.LE PROBLÈME ALGÉRIEN

-À partir de 1953 le régime de la IV République se révèle de plus en plus impuissant à répondre aux problèmes de la décolonisation.

-Depuis décembre 1946, la France mène en Indochine une guerre qui paraît sans issue contre le Vietminh, d´inspiration communiste.

-Dans les protectorats de Tunisie et du Maroc, les mouvements nationalistes s´affirment.

-Après la chute du camp retranché de Dien Bien Phu le 7 mai 1954, qui témoigne de la gravité de la situation militaire au Tonkin, Pierre Mendés France devient président du conseil le 18 juin 1954.

-Ce radical annonce la crise du régime.

-Il obtient le soutien des milieux gaullistes qui n´oublient pas qu´il a été ministre du général De Gaulle.

-Il forme un gouvernement composé de radicaux, d´indépendants et d´anciens du RPF.

-Les accords de Genève du 20 juillet 1954 mettent fin aux hostilités au Vietnam, partagé par le 17 parallèle.

· La République du Nord-Vietnam, un régime communiste.

· La République du Sud-Vietnam qui tombe bien vite sous l´influence des États-Unis, qui prennent le relais de la France.

-Pierre Mendés France proclame d´autre part à Tunis « l´autonomie interne » de la Tunisie.

-Pierre Mendés France est renversé le 3 février 1955 et son ministre de finances, Edgard Faure, lui succède.

-Edgard Faure espère que les élections législatives permettront de dégager les sentiments de l´opinion face au difficile problème algérien.

-Deux crises gouvernementales en moins de dix-huit mois lui permettent de procéder à la dissolution de l´assemblée.

-Les élections sont ainsi avancées de quelques mois.

-Le socialiste Guy Mollet, secrétaire général de la SFIO forme un gouvernement de minorité qui obtient l´appui du MRP er d´une partie des modérés, désireux d´éviter que le soutien communiste ne conduise pas à un Front Populaire.

-Guy Mollet, dans sa déclaration d´investiture, se dit favorable, après le cessez-le-feu et des élections libres, à la reconnaissance d´une « personnalité algérienne ».

-Mais la pression des colons d´Algérie et des milieux nationalistes d´une part, l´intransigeance d´autre part du FLN, qui exige l´indépendance, ne permettent pas au président du Conseil de prendre l´initiative.

-Le gouvernement reconnaît en mars 1956 l´indépendance du Maroc et de la Tunisie.

-Il promulgue, le 23 juin, la loi cadre qui va permettre une évolution du statut des territoires d´outre-mer.

-Guy Mollet fait d´autre part approuver le projet qui conduit à la signature du traité de Marché Commun à Rome, le 25 mars 1957.

-Mais son gouvernement, le plus long de l´histoire de la IV République, est abandonné par la droite le 21 mai 1957 à cause de sa politique financière et sociale.

2.5.VERS LA FIN DU RÉGIME

Son successeur, le radical Maurice Bourges-Maunoury ne dure que quatre mois (juin-septembre 1957).

-Son ministre de finances Félix Gaillard, un autre radical, lui succède après cinq semaines de crise.

-Il accepte les propositions des « bons offices » anglo-américains pour régler le conflit franco-tunisien après le bombardement par l´aviation française du village tunisien de Sakhiet-Sidi-Youssef, suspecté d´abriter des « rebelles » du FLN.

-S´ouvre une crise gouvernementale de quatre semaines, dont la longueur illustre l´état d´impuissance où est parvenu le régime.

-Des manifestants veulent sauver « L´Algérie Française » et porter au pouvoir un autre gouvernement à Paris.

-Les chefs de l´armée sont dans les mêmes sentiments, sortant de leur traditionnelle neutralité.

-Des petits groupes gaullistes exploitent la situation pour permettre le retour au pouvoir du général De Gaulle.

-Celui-ci s´affirme le 15 mai 1958 « prêt à assumer les pouvoirs de la République ».

-Le 27, le général De Gaulle déclare qu´il a entamé « le processus régulier nécessaire à l´établissement d´un gouvernement républicain ».

-Il invite les forces armées à la discipline.

-L´évolution de Guy Mollet et de la majorité de la SFIO ouvre la voie légale du retour au pouvoir du général De Gaulle, investi le 1 juin 1958.

-De Gaulle propose d´abord « la Paix des braves », puis « L´Algérie algérienne » qui ne satisfait pas les français du pays.

-Des français créent l´OAS (Organisation de l´Armée Sécrète) qui se livre à des attentats.

-Des familles entières commencent à quitter l´Algérie dès 1960.

-Finalement, on aboutit à une négociation : par les accords d´Evian en 1962, l´Algérie devient indépendante.

-La V République naît donc dans ce contexte.

-Le général De Gaulle, qui a toujours condamné la IV République veut un état fort où les pouvoirs séparés, équilibrés, ne se paralysent pas.

-En septembre 1958, un référendum sur la Constitution de la V République donne 79´2% de oui.

3.L´EXISTENTIALISME ET SES DÉRIVATIONS SOCIALES

-Après 1945, seul l´existentialisme mérite l´appellation de mouvement.

-L´existentialisme a été et reste encore reçu par un public non averti comme une mode temporaire lancée par des personnalités parisiennes (Sartre et Simone de Beauvoir) qui se réunissaient autour d´elle dans des lieux mythiques (le café de Flore, les Deux Magots, le Tabou…) et avec quelques fidèles (Boris Vian et Juliette Gréco).

-La presse présentait les thèmes défendus par l´existentialisme, considérés comme un scandale.

-Témoins les polémiques qui entouraient les premiers numéros des Temps Modernes : « nous avions le mouvement Dada, voilà le mouvement caca ».

-Selon le titre d´une conférence prononcée par Sartre en 1945 à Paris : « L´existentialisme est un humanisme ».

-Mais un humanisme qui ne s´appuie pas sur un modèle permanent.

-l´Existentialisme affirme que l´existence précède l´essence.

-Les grands thèmes de l´existentialisme, qui sont développés dans les essais et les romans pendant la décennie qui suit l´après-guerre, traitent de la solitude absolue de l´homme abandonné par un Dieu qui se désintéresse de sa création, de la nécessité pour l´individu de se définir par un projet ou un choix de son être qui est, en même temps, la position d´une valeur car chaque homme engage à tout instant l´humanité tout entière.

-Ne trouvant de réponse ni à l´intérieur ni à l´extérieur, l´homme éprouve l´angoisse qui est le sentiment de l´existence humaine.

-L´œuvre théâtrale de Sartre consiste à chercher un moment privilégié où un individu choisit un choix radical, accédant ainsi à un choix authentique.

-Voyons les principales œuvres :

· La Nausée, de Sartre où il montre l´homme abandonné à sa détresse originelle.

· Le Malentendu, d´Albert Camus : Jean, le fils, est tué par sa mère et sa sœur qui ne l´ont pas reconnu. Camus voit dans ce meurtre un accident, une conséquence du malentendu initial de la condition humaine.

· Tous les Hommes sont Morts, de Simone de Beauvoir. Elle raconte l´histoire d´un homme condamné à l´immortalité privé de toute attache existentielle.

-L´existentialisme naît juste après la Seconde Guerre Mondiale, un peu comme le surréalisme était apparu après la première.

-10 ans plus tard le mouvement s´essouffle, après avoir dit l´essentiel.

-San rapport reste, cependant, fondamental dans la mesure où il suscite un débat d´idées particulièrement fécond dans la deuxième moitié du XX siècle.

4.CONCLUSION

Après la II Guerre Mondiale une nouvelle république est proclamée, la IV.

-Pourtant, la décolonisation et la guerre d´Algérie emporte le régime en mai 1958, avec la V République.

-Parallèlement, un mouvement littéraire apparaît : l´existentialisme.

5.BIBLIOGRAPHIE

-Carpentier, Jean et Lebrun, François : Histoire de France. Ed. du Seuil, 1998

-Couty, Daniel : Histoire de la Littérature Française. Ed. Bordas, 2004.

-Laffont, Bompiani : Dictionnaire Encyclopédique de la Littérature Française. Ed. Robert Laffont, Paris, 1999.

-Walter, Henriette : Le Français Dans Tous Les Sens. Collection livre de Poche, nº14001, Paris, 1988.

-www.histoire-France.net

-www.histoire-pour-tous.fr

-www.wikipedia.fr