Tema 2 – La comunicación en la clase de lengua extranjera. Afianza tus conocimientos en comunicación verbal y no verbal y describe estrategias extra-lingüísticas en diferentes contextos

Tema 2 – La comunicación en la clase de lengua extranjera. Afianza tus conocimientos en comunicación verbal y no verbal y describe estrategias extra-lingüísticas en diferentes contextos

0. INTRODUCTION.. 2

1. LA COMMUNICATION EN COURS DE LANGUE ETRANGERE : COMMUNICATION VERBALE ET NON VERBALE 2

1.1. La communication verbale. 3

1.1.1. Importance de la communication verbale. 3

1.1.2. Caractéristiques de la communication verbale. 3

1.2. Communication non verbale. 5

1.2.1. Importance de la communication non verbale. 5

1.2.2. Caractéristiques de la communication non verbale. 5

1.2.3. Typologie de la communication non verbale. 6

2.- STRATEGIES EXTRA-LINGUISTIQUES : REACTIONS NON VERBALES A DES MESSAGES DANS DIFFERENTS CONTEXTES. 9

2.1. Exemples des différentes composants extralinguistiques. 9

2.3. Quels stratégies peut-on utiliser ?. 10

2.3. Méthodologie. 11

4. BIBLIOGRAPHIE ET SITOGRAPHIE. 12

0. INTRODUCTION

« Il n’est pas de bonne pédagogie qui ne commence par éveiller le désir d’apprendre ».

François de Closets

Voilà une phrase du célèbre journaliste et écrivain, qui peut résumer le véritable défi de tout enseignant. En effet, c’est à lui la tâche d’« éveiller le désir d’apprendre ». Et cela passe par la communication verbale ou non verbale.

La possibilité de communiquer en langue étrangère constitue une nécessité impérieuse de la société actuelle. Mais… Sur quoi repose la communication dans un cours de langue étrangère? Le terme « communication » vient du latin « communicatio » signifiant « mise en commun ». Que met-on en commun ? Des mots, mais aussi des gestes, mouvements, regards, c’est-à-dire, des éléments verbaux et non verbaux, qui se complètent.

Le Décret 126/2014, du 28 février, qui établit les enseignements minimaux du curriculum de l’Education Primaire, dans son article 7 lettre f) marque comme objectif : « Acquérir, au moins en une langue étrangère, la compétence communicative essentielle qui permette à l’élève d’exprimer et de comprendre des messages simples, ainsi que se débrouiller dans des situations quotidiennes ».

Dans ce thème, on analysera pourquoi l’approche communicative tient compte des deux composants de la communication humaine, on expliquera les caractéristiques de la communication non verbale, et on verra comment elle s’intègre pleinement dans la compétence communicative. De là son importance pour être abordée en cours de langue étrangère.

D’ailleurs, pour apprendre à communiquer en Langue étrangère, il est nécessaire de développer les quatre compétences du CECRL : compréhension orale et écrite, expression orale et écrite plus interaction. Dans l’article 13 du Royal Décret 126/2014 on ajoute que « La compréhension et l’expression orales seront prioritaires ».

Pour qu’il y ait communication en cours de langue étrangère on devra utiliser des stratégies verbales et non verbales pour se faire comprendre. Les stratégies de communication ne peuvent pas être enseignées mais les élèves seront conscients de son importance au fur et à mesure qu’ils apprennent la langue étrangère (compétence apprendre à apprendre).

1. LA COMMUNICATION EN COURS DE LANGUE ETRANGERE : COMMUNICATION VERBALE ET NON VERBALE

Dans l’apprentissage de la langue étrangère (LE dorénavant), nombreux pays européens suivent les principes de l’approche communicative. Il faut apprendre aux élèves à communiquer grâce à elle afin de développer les 7 compétences clés qui sont dans le Royal Décret 126/2014, de 28 février, dans l’article 2, point 2, à savoir…

-Compétence linguistique ;

– Compétence mathématique et compétences de base en sciences et technologie,

– Compétence digitale/numérique,

– Apprendre à apprendre,

– Compétences sociales et civiques,

– Sens de l’initiative et esprit entrepreneur,

– Conscience et expressions culturelles.

Ces compétences mettent en jeu les stratégies verbales et non verbales nécessaires à comprendre et se faire comprendre.

D’ailleurs, un des objectifs signalés par l’arrêté du 17 mars 2015, c’est « s’exprimer et interagir dans des situations simples et habituelles en utilisant des procédés verbaux et non verbaux propres de l’échange communicatif pour répondre de façon autonome, adéquate, respectueuse et de coopération dans des situations de la vie quotidienne».

1.1. La communication verbale

1.1.1. Importance de la communication verbale.

La communication en langue étrangère suppose la capacité de comprendre, de s’exprimer et d’interpréter des pensées, des sentiments et des faits à l’oral comme à l’écrit. Elle implique la connaissance et la compréhension des cultures dont la langue est le vecteur.

La maîtrise des langues vivantes s’acquiert par une pratique régulière et par l’entraînement de la mémoire. Cinq types d’activités la rendent possible : la compréhension orale, l’expression orale, l’interaction orale, la compréhension écrite et l’expression écrite.

Le langage nous permet de créer pour les autres, du bonheur, mais aussi de la tristesse et de la colère. Autrement dit, la communication verbale est une source importante d’émotions agréables et désagréables.

La communication verbale passe par la parole. Mais elle peut être écrite car elle englobe tout ce qui se dit avec des mots (méls, lettres, etc.). Elle est forcément liée au schéma de communication de Jakobson (émetteur, récepteur, message, canal, code, contexte).

1.1.2. Caractéristiques de la communication verbale.

Étant donné que la communication verbale est orale, elle utilise le canal auditif.

Simplement dit, elle a deux traits caractéristiques :

è L’expressivité qui donne au langage verbal une spontanéité et naturalité, plein de nuances affectives d’après le ton employé.

è Le vocabulaire qui est simple et limité, plein d’incorrection, expressions figées et des répétitions.

Le processus communicatif entre l’émetteur et le récepteur, est souvent interrompu et inachevé. Le discours est cumulatif, c’est-à-dire, au fur et à mesure que l’interaction progresse, les participants font progresser la situation, élaborent des attentes et se concentrent sur les points pertinents.

Un des principaux problèmes dans les relations interpersonnelles consiste en ce fait que nous ne prenons pas le temps d’écouter l’autre. Être un bon récepteur suppose savoir se taire pour écouter.

Il y a deux façons d’écouter: l’écoute passive et l’écoute active :

ÉCOUTE ACTIVE

ÉCOUTE PASSIVE

Écoute ce qui est dit

Porte attention au style, aux mots et à la grammaire.

Veut comprendre et saisir tout le sens.

Passe son temps à préparer ce qu’il dira ensuite.

Écoute pour saisir le message

Écoute seulement pour connaître les faits.

Se concentre totalement et ne se laisse pas distraire.

Prétend écouter mais se distrait facilement.

Évite de faire autre chose.

Fait autre chose en même temps.

N’est pas impatient.

Est impatient.

Confirme qu’il a compris

Ne confirme pas qu’il a compris.

Donne des messages non verbaux montrant qu’il écoute.

Ne confirme aucun intérêt réel dans ce que l’autre personne dit.

L’interaction se définit comme un échange signifiant entre deux ou plusieurs personnes dans un but défini. Cet échange est fondé sur un besoin réel de communiquer et sur le caractère imprévisible des énoncés.

Les interlocuteurs dans la communication orale ont une information contextuelle, proxémique, kinésique et prosodique.

Pour une communication efficace, il convient de :

è Préparer son message : C’est répondre à la question « pourquoi vais-je dire cela ? ». L’objectif est ainsi clairement défini.

è Se préparer en tant qu’émetteur : prendre de l’assurance et créer un climat propice à l’échange.

è Capter l’attention : d’un regard, d’un trait d’humour, d’un geste.

è Préparer le récepteur : s’assurer qu’il est prêt à recevoir le message.

è Émettre le message : aller à l’essentiel, garder en tête l’objectif.

è Recevoir le feedback / échanger : C’est la discussion, ne pas oublier d’écouter.

è Mettre fin à la communication : conclure par quelque chose de concret.

è Établir un suivi : rester en contact, faire des points réguliers, … (continuité de la conclusion).

Enfin, en ce qui concerne l’enseignement de la LE dans l’Éducation Primaire, l’enseignant devra essayer de développer au maximum les compétences des élèves à travers leur quotidien et leurs goûts personnels.

1.2. Communication non verbale

1.2.1. Importance de la communication non verbale

Nous ne communiquons pas seulement avec des mots. La communication  non verbale est aussi importante. Elle englobe différents éléments tels que les expressions du visage, la façon de se tenir, de parler,  les mouvements de tête, des yeux, des mains, etc.

Notre corps est un précieux indicateur qui agit et fait passer des informations de façon inconsciente. On parle alors de communication non verbale.

Pour une communication réussie, il faut que le message transmis par
l’enseignant soit en totalité compris par les élèves. MEHRABIAN a réalisé de
nombreuses analyses de situation de communication et a conclu que 55% de la
communication vient de la communication non verbale et 38% vient de la manière
dont les mots sont prononcés tandis que 7% de la communication vient du sens des
mots.
D’après cette étude, la communication corporelle est fondamentale pour la
compréhension du discours et la composante para-verbale est majeure dans la
communication.

1.2.2. Caractéristiques de la communication non verbale.

La communication  non verbale est quelquefois appelée le « langage du corps».  Ce type de communication se fait généralement de manière subconsciente  (nous l’utilisons sans y penser). C’est pour cette raison que l’on dit que la communication non verbale « ne peut pas mentir ».

Notre chance, c’est qu’il est possible de travailler notre communication non-verbale et ainsi de l’améliorer nettement! Pour améliorer nos chances dans toutes les domaines de notre vie!:

Pour tout enseignant, il est très utile de savoir interpréter le langage corporel. Ainsi, par exemple, les mouvements oculaires peuvent nous indiquer à quel type d’informations l’apprenant ou le récepteur fait appel :

Ø S’il regarde vers la droite, il se remémore d’un événement qui s’est déjà passé.

Ø S’il regarde sur la gauche, il construit, il crée.

Mais chez certaines personnes (10%), ceci est inversé.

Le pouvoir du non verbal est très pris en compte lorsqu’il faut faire passer un message (par exemple dans un entretien d’embauche).

Bénéfices du développement de la communication non verbale

On ne peut pas séparer la communication non verbale de la communication verbale. La méconnaissance du non verbal affectera donc au procès communicatif complet. Sa maîtrise est indispensable pour acquérir les habilités sociales.

· Elle contribue au développement du langage et de la pensée.

· Elle favorise les relations sociales, puisqu’elle nous permet de comprendre les intentions, les sentiments et les états des autres.

· Elle apporte de la force à l’information transmise.

· Elle contribue au développement de l’empathie et de l’assertivité

· Elle favorise la solution des conflits.

Les éléments non linguistiques sont si importants qu’ils font partie des objectifs généraux de la LOMCE et l’Arrêté du 17 mars 2015 les considère dans les critères d’évaluation : « Saisir le sens global de textes oraux émis de façon directe, avec appui des gestes, mimiques et répétitions nécessaires(…) »

1.2.3. Typologie de la communication non verbale

Ana Mª CESTERO MANCERA (Philologue et actuellement enseignante à l’Université de Alcalá) évoque trois domaines qui sont liés à l’étude de la communication non verbale : la paralinguistique, la proxémique et la kinesthésie.

· La paralinguistique étudie le comportement non verbal s’exprimant à travers la voix. Elle étudie les variations non linguistiques telles que le rythme, le ton, le volume de la voix.

· La proxémique analyse le comportement non verbal avec l’espace personnel. Elle s’intéresse à deux domaines : l’espace personnel (qui étudie la proximité physique) et la conduite humaine dans un territoire.

· La kinésie s’occupe de la communication non verbale s’exprimant à travers les mouvements du corps : position du corps, gestes, expression du visage, regard ou sourire.

ü On parle de positions plus ou moins ouvertes ou fermées. Croiser les bras, par exemple, est considéré comme une position fermée dans la mesure où symboliquement on crée une barrière face à l’interlocuteur. La façon dont le corps est dirigé vers les autres donne aussi des signes.

ü Parmi les gestes, on peut les classer en :

1. Emblématiques : émis intentionnellement dont le sens est très clair. Ex : agiter la main pour dire au revoir.

2. Illustratifs : servant à illustrer ce qui se dit, ils varient en fonction de la culture.

3. Émotionnels : ils sont résultat de l’état émotionnel du moment. Ils expriment douleur, peur, joie, etc.

4. Régulateurs de l’interaction : ils servent à prendre la parole dans l’échange verbal, à freiner ou accélérer l’interlocuteur, etc.

5. D’adaptation: ils servent à masquer des émotions lorsque l’interaction est ressentie comme gênante. Ex : Se passer les doigts sur le col de la chemise quand on se sent tendus.

F. POYATOS propose un modèle interdisciplinaire des « culturèmes », permettant de classer tous les signes ou habitudes d’une culture, des plus larges aux plus simples. Elle inventorie ce qu’elle appelle les « portions d’une culture », lesquelles pourront s’intégrer dans les objectifs pédagogiques de l’enseignement des LE. L’originalité de son étude réside dans l’élaboration de fiches par les élèves.

KROUT identifie 5000 gestes de la main. Les gestes peuvent suffire à se faire comprendre ou peuvent changer le sens des paroles qu’ils accompagnent.

ü L’expression du visage est importante pour exprimer des émotions. On peut l’utiliser pour modifier l’interaction ou pour renforcer le récepteur.

BIRDWHISTELL (anthropologue américain fondateur de la kinesthésie) estime que le visage peut produire 250.000 expressions. Avec lui, on peut exprimer joie, dégoût, tristesse, colère, peur, intérêt.

ü Le regard. On peut l’étudier selon différents points de vue : dilatation des pupilles (cela indique intérêt, attirance), le nombre de mouvements des paupières, le contact oculaire, la façon de regarder. Le regard a plusieurs fonctions : modifier la communication, compléter les informations auditives, exprimer des émotions, communiquer la nature de la relation interpersonnelle.

ü Le sourire attire le regard des autres et relâche la tension.

Edward HALL, anthropologue américain, fût le premier à identifier le concept de proxémique dans son livre « The Hidden Dimension », en 1966. Il distingue sept catégories dans la communication non verbale :

1. Le langage corporel : visage, posture, regard, contact visuel, gestes, attitudes.

2. L’apparence : vêtements, coiffure, maquillage.

3. Voix : volume, pauses, rire, silence.

4. Facteurs proxémiques : espace et distance entre les interlocuteurs.

5. Les couleurs.

6. Le rapport au temps.

7. Le toucher.

M.J. CUENCA (philologue enseignante actuellement à l’université de Valencia) étudie en détail la différencie entre les signes correspondants à chaque sens : auditifs, tactiles, visuels, gustatifs et olfactifs.

1. Signes auditifs : le silence, le rire, l’acte d’éructer, de se moucher ou de cracher. Ces signes-là peuvent être interprétés de façon positive ou négative, en dépendant de l’interlocuteur et de la culture. Comme exemple il cite entre autres le silence prolongé lors d’une conversation, lequel est gênant en Espagne mais normal au Japon.

2. Signes tactiles : le contact corporel n’est pas accepté de la même façon dans tous les pays. On ne peut pas serrer la main, taper dans le dos ou embrasser, dans toutes les cultures de la même manière (selon que l’interlocuteur soit homme ou femme).

3. Signes visuels. Ils regroupent l’aspect des personnes donnant des indications sur la religion, l’origine des personnes (vêtements…), la proxémique (qui est la distance entre les interlocuteurs et leur positionnement) et les gestes du cops (mouvements des yeux, durée du contact oculaire).

4. Signes gustatifs : les divergences culturelles sont flagrantes. Doit-on laisser de la nourriture dans l’assiette? Peut-on utiliser la main gauche pour manger?…

5. Signes olfactifs : ils caractérisent les cultures de quelques pays : citriques, floraux, marins, etc.

Le CADRE EUROPÉEN COMMUN DE REFERENCE POUR LES LANGUES, découpe la communication non verbale ainsi :

1. Les gestes et actions qu’on voit dans le face à face des activités orales. Ce sont souvent de déictiques pour identifier les objets ou les personnes. Ex : on montre du doigt, ou avec la main, le regard.

2. Les actions paralinguistiques. Ce langage corporel s’accompagne de signifiés qui sont devenus conventionnels et qui peuvent différer d’une culture à une autre. Elles peuvent porter sur :

· Les gestes (ex. le geste de l’auto-stoppeur européen est offensif dans certains pays d’Afrique).

· Les expressions du visage, comme froncer les sourcils.

· Les postures, comme se laisser tomber lourdement pour suggérer désespoir

· Le contact visuel, comme un clin d’œil.

· Le contact corporel, comme donner un baiser.

· La proxémique : à quelle distance je dois me placer par rapport à mon interlocuteur ?

3. Les sons extralinguistiques dans le parler. Par ex., l’expression de dégoût peut être donné par un « Bah ah » ou d’autres sons expressifs.

4. Les qualités prosodiques

2.- STRATEGIES EXTRA-LINGUISTIQUES : REACTIONS NON VERBALES A DES MESSAGES DANS DIFFERENTS CONTEXTES.

Le professeur doit encourager les élèves pour qu’ils utilisent les stratégies extralinguistiques, en cas d’impossibilité de s’exprimer verbalement.

Les élèves doivent considérer normal l’effet de réagir non verbalement face à des messages, soit en cours de langue ou lors d’une échange avec des natifs.

Ils doivent prendre conscience que ce sont des réactions légitimes que le professeur ne sanctionnera pas.

2.1. Composants extralinguistiques

Il faut tenir compte de certains composants, tels que les gestes, les regards, les postures, les attitudes et les expressions faciales mais aussi des indices prosodiques comme l’intonation, le rythme et l’accentuation.

Tout acte de langage comporte des composants non verbaux qui facilitent la compréhension du message. En somme, langage verbal et non verbal sont indissociables.

è Écouter pour comprendre : L’écoute active est une attitude qui permet de créer une situation de communication basée sur la confiance et l’empathie, dans laquelle on se centre sur l’interlocuteur qui se sent à l’aise pour exprimer ce qui est important pour lui. Elle implique une réelle disponibilité à la parole de l’autre.

è L’empathie : L’empathie est la capacité à s’engager avec quelqu’un dans un processus de communication ; la faculté de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent. Elle favorise l’expression, la compréhension et l’autonomie. C’est faire en sorte que l’autre se sente accepté, compris, et non jugé.

è Les déplacements et la proximité : S’approcher des élèves peut être synonyme de le traiter d’égal à égal et renforce le climat de confiance. Aussi, lorsque les élèves travaillent en petits groupes, si on se déplace pour observer, ils se sentent à la fois observés et n’hésitent pas à demander de l’aide. La contiguïté avec un élève est très utile pour le mettre en confiance, le rendre plus disponible aux apprentissages ou encore, pour créer plus facilement des liens avec lui.

2.3. Stratégies à utiliser

Les stratégies extralinguistiques sont dans les domaines kinesthésiques. Pour se faire comprendre face à un message, on peut réagir seulement avec des gestes et expression du visage principalement.

Les gestes peuvent être suffisants pour transmettre un message ; ils ne nécessitent pas d’être accompagnés des paroles. Les gestes pourraient à eux seuls permettre à un étranger de communiquer.

L’expression du visage est un autre moyen essentiel pour exprimer des émotions, même si les mots manquent. Le regard peut être fixe et menaçant en réponse à un message blessant.

Le toucher est une autre manière de réagir à des messages. Les mots semblent inutiles lorsque l’on donne ses condoléances à une personne qui vient de perdre un être aimé. Lui serrer la main chaleureusement ou mettre la main sur son épaule, montre très bien que l’on partage sa peine. Dans un autre registre face à une agression verbale, certains réagissent par une agression physique.

Dans le domaine de la proxémique, une réponse peut consister à s’éloigner et à mettre de la distance entre soit et son interlocuteur, en réaction à la peur par exemple.

Les signes auditifs tels que le rire servent à se moquer ou partager un moment amusant sans qu’il soit nécessaire de la compagnie du mot.

On va prendre comme exemple, dans le cadre d’un cours, le cas d’un élève face à son professeur. S’il veut dire à son professeur qu’il ne sait pas mais les mots lui manquent il peut faire non de la tête et pour être plus expressif ouvrir les mains en approchant les bras du corps en signe d’impossibilité. Pour exprimer le fait qu’il ne parvienne pas à faire ce qu’on lui demande, il peut lever les deux épaules en même temps qu’il fait une mimique avec les lèvres serrées, en signe d’impuissance.

La gestuelle peut être donc un recours pour remédier les « défaillances » verbales.

Voici quelques conseils pour stimuler l’épanouissement de la Communication non verbale :

ü S’approcher des enfants quand on parle avec eux pour qu’ils observent les gestes qui accompagnent à la communication.

ü Établir un contact visuel. Regarder l’autre indique qu’on fait attention à ce qu’il fait et qu’on écoute.

ü Répondre aux expressions faciales avec les nôtres, le sourire, l’étonnement, la surprise, etc.

ü S’exprimer en utilisant des gestes et des mots. Au début la relation sera très marquée.

ü Jouer avec eux l’interprétation de l’information non verbale. Enlever le son d’une séquence visuelle pour faire deviner ce qui est en train d’arriver dans certaines situations.

ü Choisir une phrase et la prononcer en employant différents gestes et différentes tonalités de la voix, pour que l’enfant apprécie la différence.

ü Jouer avec l’enfant et essayer de connaître les expressions faciales des autres.

ü Essayer avec eux différents gestes comme si c’était un jeu. Maintenant nous sommes tristes, puis contents, plus tard surpris, fâchés, etc. à éducation émotionnelle.

ü Le théâtre est idéal pour transmettre des messages et les accompagner d’une interprétation gestuelle.

Pour qu’un enseignant parvienne à communiquer avec ses élèves il faut qu’il parvienne également à mobiliser une gestuelle qui provoquera chez les élèves des réactions corporelles spécifiques. Une bonne communication orale scolaire exige un savoir-faire de l’enseignant qui peut s’acquérir par la pratique et la maîtrise de l’expression orale ainsi que d’un savoir-être.

2.3. Méthodologie

En 1970, le psychologue américain JAMES ASHER utilise la méthode appelée « Réponse physique totale ». Il applique l’apprentissage de la langue maternelle à l’apprentissage des langues secondes. Il propose de développer la capacité gestuelle des élèves en réponse à des stimulations. L’activité physique et motrice aide à l’apprentissage de la langue. Puis, on coordonne le discours et l’action.

À un niveau élémentaire, l’enseignant pose des questions auxquelles les élèves répondent par des gestes, des mots isolés, « oui et non ». Ce qui est important c’est que les élèves comprennent le sens global du message grâce à des gestes et à la mimique.

On reconnaît à l’apprenant le droit de taire s’il n’est pas sûr de lui, comme le fait l’enfant quand il apprend sa langue maternelle.

3.- CONCLUSION

La communication humaine est une unité composée par deux plans indissociables : Les domaines du verbal et le domaine du non verbal. Le deuxième a été longtemps dévalorisé dans l’enseignement et l’apprentissage des langues car la compétence grammaticale monopolisait les objectifs des enseignements pendant des décennies.

Avec l’approche communicative, d’autres compétences sont reconnues indispensables pour acquérir une compétence communicative. Les éléments extralinguistiques s’intègrent dans la compétence socioculturelle. Il est important de les connaître et de les savoir utiliser dans le processus communicatif.

Ce thème est donc important et aussi interdisciplinaire car il sera utile dans toutes les matières, mais surtout aussi en anglais où les apprenants pourront utiliser leurs stratégies et établir un transfert avec la classe de FLE, ce qui développera leur compétence en interaction dans une Europe plurilingue et pluriculturelle.

Le rôle du professeur consiste à montrer à ses élèves la relativité des jugements sur un comportement. N’oublions pas que la mission ultime de tout enseignant est celle d’ « éveiller le désir d’apprendre ».

4. BIBLIOGRAPHIE ET SITOGRAPHIE

BIRDWHISTELL. (1987). The kinesic level investigations of the emotions.

BOYER, H. B. (1990). Nouvelle introduction à la didactique du F.L.E. Paris: Clé International.

CASSANY, D. (1996). Enseñar Lengua. El enfoque histórico cultural como fundamento de una concepción pedagógica. . El Lápiz- Grao.

GARABÉDIAN, M. (1999). Enseignements/ apprentissage précoces des langues. Le français dans le monde. Paris: Hachette.

HALL, EDWARD T. La dimension cachée. Paris: Seuil. ch. 9. L’anthropologie de l’espace: un modèle d’organisation.

KNAPP, M. L. (2001). La comunicación verbal y no verbal. Madrid: Paidós.

PASTOR CESNEROS, S. Aprendizaje de segundas lenguas. Linguistica aplicada a la enseñanza de idiomas. . Alicante: Universidad de Alicante.

PORCHER L., S. L. (2005). Quel professeur êtes- vous? Profils de l’enseignant de F.L.E. . Paris: Hatier- Didier.

Législation :

CADRE EUROPÉEN COMMUN DE RÉFÉRENCE POUR LES LANGUES. (2001). Conseil de l’Europe.

RD 126/2014 du 28 février qui établit le curriculum de base de l’éducation primaire.

Arrêté du 17 mars 2015 qui développe le curriculum correspondant à l’Éducation Primaire en Andalousie.

Sitographie :

clip_image001 EDUFLE : http://www.edufle.net/