Tema 20 – El área de lenguas extranjeras en el currículo. Criterios a reflejar en el proyecto educativo de centro y en el proyecto curricular de centro

Tema 20 – El área de lenguas extranjeras en el currículo. Criterios a reflejar en el proyecto educativo de centro y en el proyecto curricular de centro

LA MATIÈRE DES LANGUES ÉTRANGÈRES DANS LE CURRICULUM. CRITÈRES À REFLÉTER DANS LE PROJET PÉDAGOGIQUE DE L´ÉTABLISSEMENT ET DANS LE PROJET CURRICULAIRE DE L’ÉTABLISSEMENT

0.- INTRODUCTION.. 2

1.- LA MATIЀRE DES LANGUES ÉTRANGЀRES DANS LE CURRICULUM.. 2

1.1.- Importance de la langue étrangère. 2

1.2.- La place du Français dans le curriculum de base. 3

2.- CRITÈRES À REFLÉTER DANS LE PROJET PÉDAGOGIQUE DE CENTRE. 6

2.1.- Définition du Projet Éducatif du Centre (PEC) 6

2.2. Composants et finalités 6

2.3. Critères à inclure dans le PEC.. 7

3.- CONCRETISATION DU PROJET ÉDUCATIF DU CENTRE : LES PROGRAMMATIONS. 8

3.1. Concept de programmation. 9

3.2.- Critères à inclure dans la programmation. 9

3.3. Principes pédagogiques à prendre en compte. 10

4.- CONCLUSION.. 11

5.- BIBLIOGRAPHIE ET SITOGRAPHIE. 11

0.- INTRODUCTION

L’un des objectifs les plus complexes des systèmes éducatifs actuels est de réussir à mettre en place une éducation plurilingue et pluriculturelle, relevant ainsi le défi représenté par l’intégration, dans l’école, des élèves qui connaissent et utilisent des langues différentes.

Le panorama mondial est marqué par un fort développement des migrations et par la mobilité croissante des individus. La crise économique a accentué cette tendance avec la recherche de nouvelles opportunités d’emploi partout dans le monde. La maîtrise de plusieurs langues est donc devenue une nécessité évidente. Dans ce contexte, le succès de l’éducation plurilingue demande la capacité d’accepter les langues des autres, mais aussi le besoin d’éveiller chez les étudiants la curiosité pour d’autres langues et cultures différentes de celles qui les entourent. Depuis leur premier contact avec l’école, les enfants vont s’attacher à leurs amis et professeurs, apprendre des choses nouvelles et réaliser de tâches langagières très diverses, ce qui implique évidemment parler, écouter, lire et écrire dans plusieurs langues.

Ainsi, pour les aider à acquérir et à développer les habiletés, les stratégies et les connaissances nécessaires pour interagir avec le langage dans les différentes sphères de l’activité sociale, il est nécessaire que les établissements éducatifs élaborent un Plan de présence des langues étrangères, intégré dans le Projet Linguistique d’Établissement, ce qui demande certaines décisions organisationnelles dans les différents domaines, outre un changement méthodologique généralisé.

Pour l’élaboration du Curriculum de base national, on prend tout d’abord les indications éducatives européennes de Conseil de l’Europe. Puis, chaque état membre, ici l’état espagnol, décide les directrices concernant l’enseignement /apprentissage des langues (La Loi Organique d’Éducation 2/2006 de 3 mai, (LOE), modifiée par la Loi Organique 8/2013 de 9 décembre pour l’amélioration de la qualité éducative (LOMCE)). Dans une étape postérieure, chaque communauté ou région propose ses directives. En Andalousie on a le Décret 97/2015 de 3 mars et l’Arrêté de 17 mars 2015.

Les Administrations éducatives sont chargées de définir le cadre légal dans lequel doit s’élaborer le «Curriculum ». C’est le « Diseño Curricular Base » (DCB). Le Projet d’Établissement (PEC) le prend comme référence. Le PEC lui-même servira de cadre de référence pour le Projet d’Enseignement (Proyecto Curricular de Centro : PCC). Le projet d’établissement sert ensuite de base pour réaliser le projet d’enseignement (curriculaire) de l’établissement dont la mission sera d’organiser les objectifs et contenus en retenant les aspects prioritaires par domaines.

A partir du Cadre proposé par le PEC, l’équipe enseignante abordera le PCC, en approfondissant et en complétant les aspects pédagogiques auxquels faisait référence le PEC et en gardant comme point de départ les directives élaborées par l’Administration dans le DCB.

Ajoutons enfin que le ” Décret Royal” 126/2014, du 28 Février de la nouvelle Loi Organique pour l´amélioration de la qualité éducative (LOMCE) établit le curriculum de base pour l´éducation en primaire en établissant un curriculum flexible, incorporant des procédés, contenus, activités, contextes, regroupements divers qui sont nécessaires pour répondre à la diversité de capacités, rythmes, motivations et intérêts des élèves.

1.- LA MATIЀRE DES LANGUES ÉTRANGЀRES DANS LE CURRICULUM

1.1.- Importance de la langue étrangère

La société actuelle répond à une réalité plurilingue et interculturelle où cohabitent des peuples de différentes cultures qui parlent des langues différentes. La maîtrise de langues étrangères contribue au développement intégral des personnes, au respect et à l’accès à différentes cultures, en nous aidant à comprendre et à apprécier les traits d’identité aussi bien que les différences. Dans cette société globalisée le mouvement de personnes entre différentes cultures fait que l’acquisition de langues étrangères soit un élément essentiel pour son développement.

La connaissance d’une ou plusieurs langues rend capable l’élève pour se débrouiller dans la société actuelle de la connaissance, caractérisée par être diverse et changeante. Elle suppose un outil fondamental pour le développement affectif, social et professionnel.

L’Andalousie comme communauté autonome d’Espagne, est aussi compromise comme membre de l’Union Européenne dans l’encouragement des connaissances des autres langues de la communauté. L’Union Européenne avec l’objectif de promouvoir la conscience de citoyenneté européenne, a impulsé une série d’actions, parmi lesquelles se trouve l’accord et la concrétion d’une politique linguistique commune pour encourager la connaissance d’autres langues communautaires.

Le domaine de la langue étrangère a comme but celui de former des personnes qui puissent l’utiliser pour comprendre, parler, lire et écrire depuis une perspective active et pratique de l’apprentissage dès le plus jeune âge comme point de départ, c’est-à-dire, l’apprentissage des détresses discursives dirigées à la consécution d’une compétence communicative effective orale et écrite, dans des contextes sociaux significatifs, qui permettent à l’élève de s’exprimer avec une efficace et une correction progressive.

Dans l’éducation primaire on part d’une compétence encore très élémentaire en langue étrangère, pour cela pendant toute l’étape, seront très importantes les connaissances, les capacités, et expériences dans les langues que les enfants connaissent pour comprendre et construire des signifiés, structures et stratégies pendant sa participation dans des actes de communication.

C’est ainsi que les gouvernements européens, dont l’Espagne et plus encore l’Andalousie, préconisent l’apprentissage de deux langues étrangères.

Dans son préambule XII, la LOMCE (Loi Organique 8/2013 du 9 décembre pour l’Amélioration de la Qualité de l’Éducation) affirme que :

« La maîtrise d’une seconde langue étrangère ou même d’une troisième langue étrangère, un des principaux manques de notre système éducatif, est devenue une priorité dans l’éducation, compte tenu de la mondialisation que nous vivons. (…) La Loi soutient résolument le plurilinguisme, redoublant d’efforts pour réussir à ce que les élèves sachent s’exprimer avec fluidité au moins dans une première langue étrangère dont le niveau de compréhension orale et écrite et d’expression orale et écrite est décisif pour favoriser l’obtention d’un emploi et satisfaire les ambitions professionnelles. C’est pourquoi elle mise de façon résolue sur l’intégration, dans les programmes, d’une seconde langue étrangère. »

L’apprentissage des langues étrangères, dès le primaire, permet :

ü Une amélioration des résultats dans d’autres champs comme la compétence mathématique, l’expression plastique ou le domaine de lecture et écriture.

ü Un développement de la mémoire auditive et la capacité d’écouter, en contribuant de cette façon significativement au développement de l’habileté de communication dans tous les aspects.

ü Une sensibilisation face à la diversité de notre société, dans l’acceptation des différences existantes comme facteur enrichissant, et dans le développement de la compréhension, de la tolérance et l’évaluation d’autres identités culturelles.

ü Enfin, la Junte d’Andalousie et le CECRL insistent sur le caractère communicatif, c’est-à-dire que la langue soit utilisée pour développer la compétence communicative effective.

1.2.- La place du Français dans le curriculum de base

La LOMCE, nous rappelle que le curriculum de base pour l’étape d’Enseignement primaire est structuré autour des activités de langue comme celles-ci sont décrites dans le Cadre Commun Européen de référence pour les Langues : une compréhension et une production (une expression et une interaction) de textes oraux et écrits. Les contenus, les critères et les standards sont organisés dans quatre grands blocs qui entretiennent une correspondance avec les activités de langue mentionnées, axe des enseignements de la matière.

La LOMCE préconise l’apprentissage contextualisé de la langue en faisant usage des différents « savoirs ». Dans un cours de langue étrangère (dorénavant LE) les interactions langagières favoriseront l’apprentissage et on fera recours aux acquis en langue maternelle et en l’autre LE pour apprendre à travers les contrastes et les analogies et en déduisant les règles générales.

Les langues étrangères sont fortement représentées dans la LOMCE.

La Junta d’Andalousie nous rappelle aussi l’importance d’un Projet Linguistique de Centre (plan de lecture, Ecriture, investigation) en primaire ainsi que le Curriculum Intégré de Langues (CIL) qui intègre toutes les langues dans un ensemble.

L’Andalousie est l’une des communautés où les efforts pour l’enseignement de plusieurs langues étrangères ont été les plus évidents. Nous devons sans réserve parler de l’élan extraordinaire du Plan de Fomento del Plurilingüismo, approuvé par la Junta de Andalucía en 2004. Les langues impliquées dans le projet sont l’anglais, l’italien, le portugais, le français et l’allemand. Le Plan de Fomento del Plurilinguismo a également veillé à ce que la première langue étrangère soit introduite depuis la maternelle et qu’on commence à étudier une deuxième langue étrangère à partir de la 5e année de l’enseignement primaire. Dans le cadre de cette politique linguistique, la Junta a également lancé en 2008 le modèle de curriculum intégré pour toutes les langues, maternelles ou étrangères, dans toutes les étapes et types d’enseignements. Ce programme est adapté au Cadre Européen Commun de Référence et son principal objectif consiste à éliminer les dédoublements et les redondances qui existent dans les différentes matières linguistiques du système éducatif, en proposant des modèles cohérents du point de vue méthodologique pour améliorer les compétences linguistiques des apprenants.

Objectifs généraux de Primaire à Acquérir au moins en une langue étrangère la compétence communicative qui permet que l´élève s´exprime et comprenne des messages simples et puisse se débrouiller dans des situations quotidiennes.

Blocs de contenus à Bien que le langage oral et écrit sont deux manifestation différentes d’une même capacité, chacun exige des habiletés et des connaissances différentes.

Le BLOC 1, Compréhension de textes oraux : L’élève doit acquérir les habiletés nécessaires pour identifier l’information essentielle dans des conversations brèves et simples où il participe, en rapport avec des thèmes familiers et de son intérêt (la famille, l’école, la description d’un objet ou d’un lieu). Il doit identifier ce qu’on lui dit dans des messages habituels et simples (instructions, indications, salutations, pétitions)… En définitive, distinguer des thèmes de la vie quotidienne.

Les propositions méthodologiques de ce bloc seront dirigées à améliorer la gestion des relations sociales à travers le dialogue et à perfectionner la planification, exposition et argumentation des discours oraux.

Le développement des stratégies basiques pour produire des textes oraux monologiques ou dialogiques brèves et simples c’est la référence du BLOC 2, Production de textes oraux, expression et interaction.

L’élève a besoin d’avoir accès à la communication parlée, en partant d’un contexte interactif et pratique où il peut obtenir et comprendre de l’information sur la structure et le fonctionnement de la langue étrangère. Utiliser la connaissance acquise dans différents contextes et les mettre en rapport avec sa propre culture, font de la langue un moyen de transmission universelle de la culture andalouse dans d’autres langues….

On abordera la capacité d’exprimer des messages avec clarté, cohérence, structurés adéquatement, s’adaptant au goût, la préférence, l’opinion, l’accord et le désaccord, le sentiment, l’intention. On veut en plus que l’élève soit capable d’interagir en utilisant des techniques linguistiques verbales ou non verbales (gestes, contact physique) pour initier, maintenir ou conclure une brève conversation.

De même, dans le BLOC 3 : Compréhension de textes écrits, on travaillera la compréhension du sens général d’un texte, identification du thème, des idées principales et l’information spécifique, dans des textes en format imprimé ou digital, comme des instructions, indications, information basique en nouvelles, articles, cartes postales, notes, panneaux de la rue, cinémas, musées et d’autres services et lieux publics.

La compréhension de textes écrits implique mettre en œuvre une série de stratégies de lecture qui doivent se pratiquer dans la classe et les projeter dans tous les aspects de la vie et dans tout type de lectures.

Les contenus du BLOC 4 : Production de textes écrits : expression et interaction, comporte la construction en papier ou en support électronique de textes courts et simples, composés de phrases simples isolées, dans un registre neutre ou informel, en utilisant les règles orthographiques basiques et les principaux signes de ponctuation pour parler d’eux-mêmes, de son entourage immédiat et des aspects de sa vie quotidienne, dans des situations familières et prédictibles.

Ce bloc est encadré dans l’application de toutes les connaissances de la langue étrangère de façon créative, pour générer ou dramatiser ses propres textes ou d’autres donnés, contes, bd, pièces littéraires en langue étrangère et de la culture andalouse dans une langue différente.

L’application de cette connaissance promouvra l’attention à la diversité et accroîtra l’intérêt par la connaissance des différentes réalités sociales et culturelles, et facilitant la communication interculturelle grâce à l’interaction de l’élève à travers des apprentissages collaboratifs et partagés.

Compétences clés à Maintenant, l’articulation du processus éducatif autour des compétences de base nous rapproche encore plus de la notion de curriculum intégré, tendance internationale qui veut doter les systèmes éducatifs d’une plus grande cohérence interne.

Les langues étrangères, le Français en particulier contribuent au développement de toutes les compétences clés de la LOMCE, puisque ce sont des instruments privilégiés pour la communication, l’insertion dans la société, l’expression des sentiments, la représentation du monde et l’encouragement de la créativité. Mais la plus importante sera la compétence en communication linguistique, qui fait référence à l´utilisation du langage en tant qu´instrument de communication orale et écrite.

Toutes les activités orales (dialogues, conversations, chansons etc.) ou écrites (textes divers, exposés, rédactions, correspondance, etc.) de la classe de français travaillent cette compétence.

Avec la compétence mathématique et compétences de base en science et technologie on essaie de donner aux élèves la culture scientifique nécessaire à une représentation cohérente du monde et à la compréhension de leur environnement quotidien.

Le langage est le véhicule principal de la pensée humaine, l’outil le plus puissant pour l’interprétation et la représentation de la réalité et l’instrument d’apprentissage par excellence, de là que la langue étrangère contribue à la compétence d’apprendre à apprendre, dès qu’on promeuve la réflexion sur le propre apprentissage pour que chaque enfant identifie comment apprendre mieux et quelles stratégies sont pour lui les plus efficaces. En rapport avec cette compétence, le Portfolio Européen des Langues incitera à la réflexion sur son propre apprentissage.

En même temps les décisions qui provoquent cette réflexion favorisent l’autonomie, et dans ce sens on peut affirmer que la Langue Étrangère contribue aussi au développement de la compétence sens de l’initiative et esprit entrepreneur.

Toutes ces compétences sont en relation directe avec la compétence numérique. Les technologies de l’information et la communication offrent la possibilité de se communiquer en temps réel avec n’importe quelle partie du monde, et aussi l’accès simple et immédiat à un flux continu d’information qui augmente chaque jour.

Le domaine de la langue étrangère contribue aussi au développement des compétences sociales et civiques. Apprendre une langue étrangère implique la connaissance de traits et faits culturels liés aux différentes communautés de parlants.

La connaissance d’une autre langue et de traits culturels différents aux propres contribue à une meilleure compréhension et valorisation de la propre langue et culture ; elle favorise le respect, la reconnaissance et l’acceptation de différences culturelles et de comportement, en nous aidant à comprendre et apprécier les traits d’identité et les différences.

Finalement, bien que dans une moindre mesure, ce domaine collabore au développement de la compétence conscience et expressions culturelles, si les modèles linguistiques qu’on utilise contiennent des productions linguistiques comme composant culturel. Nous allons utiliser des documents authentiques à travers lesquels on introduit des notions très élémentaires sur la culture française.

Bien évidemment, l´évaluation se fait à partir des critères d´évaluation et des standards d´apprentissage évaluables, elle sera continue, objective et cohérente avec le processus d´apprentissage.

Le tout à partir d’une méthodologie basée sur une approche communicative et actionnelle marqué par le CECRL. Elle doit se centraliser sur l’élève, ses besoins d’apprentissage, en priorisant une approche communicative à travers le jeu, surtout dans les premières années, et la réalisation de tâches communes comme le travail par projets, recherches, etc. C’est fondamental pour l’acquisition de la Compétence linguistique, en langue étrangère comme en langue maternelle, le développement de la capacité lectrice et la maîtrise de l’écriture, qui se travailleront de préférence, simultanément et coordonnées dans les deux domaines, en créant ainsi les bases pour que tous les élèves maîtrisent les détresses orales et écrites en même temps dans toutes les langues étudiées.

Selon le CECR, l’approche actionnelle est la perspective privilégiée de nos jours. Les gens qui apprennent et usent d’une langue étrangère développent un ensemble de compétences générales, surtout une compétence à communiquer langagièrement. Afin de réaliser des activités langagières, les apprenants mettent en œuvre les compétences dont ils disposent dans des situations/contextes et des conditions variées.

2.- CRITÈRES À REFLÉTER DANS LE PROJET PÉDAGOGIQUE DE CENTRE

2.1.- Définition du Projet Éducatif du Centre (PEC)

Pour définir le Projet Éducatif de Centre, il faut partir de l’article 121 de la LOE qui est modifié par la LOMCE, en ajoutant un article, 122 bis, dans le but de développer la qualité des établissements scolaires. On ajoute aussi l’article 132 qui propose un changement dans les compétences du directeur.

Selon la Loi organique pour l’amélioration de la qualité de l’éducation en Espagne, dorénavant LOMCE, dans l’article 3 « les Administrations éducatives encourageront et stimuleront l’autonomie des centres ».

Les centres développeront et complèteront le curriculum des différentes étapes et cycles en usage de leur autonomie. Ils disposeront d’autonomie “pour proposer et implanter des méthodes pédagogiques propres, en accord avec les directrices qui, le cas échéant, établiront les administrations éducatives.”

Le PEC constitue l’instrument de base de la gestion d’un établissement scolaire. Il a la fonction de coordonner l’orientation que la direction, les professeurs et les parents des élèves veulent donner à l’établissement.

Le PEC est le résultat d’un travail de réflexion de l’ensemble des acteurs de la communauté éducative (dorénavant CE). C’est une sorte de contrat, d’accord ou de consensus, qui engage et unit tous les membres de la CE qui définit les traits d’identité de l’établissement et les objectifs à atteindre, et qui exprime l’organisation et le fonctionnement du centre éducatif. Il propose une concrétisation des directives ministérielles en les adaptant aux caractéristiques de l’établissement. Il doit assurer la cohérence dans l’intervention éducative en apportant un « caractère propre », une personnalité caractéristique au centre.

Le PEC est un ensemble cohérent qui contient les bases éducatives de type général : les principes d’identité, les objectifs législatifs et l’organigramme général.

La durée d’un projet d’établissement ne correspond pas à une année scolaire. Il convient au contraire qu’il serve de référence pour une période plus longue (minimum 2 ans), tout en apportant des modifications s’il est nécessaire.

Avant l’élaboration du projet il faut définir l’identité de l’établissement, analyser la législation en vigueur, le contexte social, économique et culturel de l’école et des élèves.

2.2. Composants et finalités

Le PEC est un processus :

à Inachevé, car sa validité est temporelle

à Participatif, puisqu’on échange les informations, consultations, délibérations et déterminations.

à Motivant, car il favorise l’échange et l’interaction sociale.

à Consensuel et par conséquent flexible.

à Démocratique et tolérant, tout en respectant la loi.

D’ailleurs, le PEC peut être considéré comme un produit :

à Global ( Règlement de Régime Interne (RRI) + Programme général),

à Qui exprime l’identité , la volonté, l’organisation et le gouvernement de l’établissement.

à C’est le compromis des parents, des professeurs et des professionnels, des élèves, et de tous les travailleurs du centre.

Le PEC est aussi une garantie :

à De règles de cohabitation qui assurent la paix et le respect mutuel.

à D’une ambiance adéquat pour les professeurs et les élèves.

Les finalités du PEC doivent répondre à ces questions:

ü Qui sommes- nous ? (Principe d’identité)

ü Que voulons-nous ? (Objectifs généraux à atteindre)

ü Où sommes- nous ? (Analyse du contexte),

ü Comment allons-nous nous organiser pour réussir? (Relations de collaboration entre parents, professeurs et élèves avec le contexte scolaire.)

ü Qui l’élabore et le vote ? Il est élaboré par la Direction du centre en accord avec le Conseil d’administration (consejo escolar) et avec les propositions réalisées par les professeurs, l’association des parents d’élèves et le conseil de délégués des élèves. Nouveauté importante de la LOMCE : C’EST LE DIRECTEUR QUI APPROUVE LE PEC, non plus le Conseil d’administration.

2.3. Critères à inclure dans le PEC

– Législation en vigueur : Loi Organique 8/2013, du 9 décembre, pour l’amélioration de la qualité éducative (LOMCE) ; Loi 17/2007 d’Éducation en Andalousie, du 10 décembre (LEA).

– Objectifs du PEC (dans le préambule de la LOMCE, qui modifie la LOE) : Réduire les taux d’abandon scolaire, améliorer les résultats éducatifs, améliorer l’aptitude à l’emploi, stimuler l’esprit d’entreprise.

– Critères éducatifs : attention à la diversité, intégration, socialisation, inclusion…)

– Modèles spécifiques d’attention aux élèves : programmes éducatifs spécifiques, attention sanitaire, protocoles, ressources qu’on offre à la communauté…)

– Typologie et caractéristiques du centre

– Ressources humaines (professeurs, personnel complémentaire et de services…) et matérielles (espaces, technologie, audiovisuel, meubles, techniques, didactiques…)

– Idéologie du centre (public, privé, confessionnel ou aconfessionnel…)

– Caractéristiques des élèves (type, âge, besoins, types d’intervention, soutien éducatif…)

– Analyse du contexte : entourage socio-économique et culturel, besoins éducatifs de l’entourage, influences et implications de l’entourage dans le centre éducatif…)

– Flexibilité dans l’organisation du centre : horaires, distribution des élèves, travail en équipe, espaces, fonctions de l’équipe éducative, fonctions et obligations des professeurs.

– Les programmations didactiques, c’est-à-dire, les projets curriculaires du centre.

– Plan d’action tutorial (professeur principal), avec les lignes communes d’action qui doivent guider l’action tutorial de tous les enseignants.

– Plan d’attention à la diversité (pédagogie différenciée pour les élèves à besoins éducatifs particuliers) à ensemble d’actions d’organisation, de soutien, et de renforcement pour offrir une réponse éducative ajustée aux besoins généraux et spécifiques. En France cela correspond au Plan de Réussite Éducative (PRE).

– Critères d’évaluation et de promotion des élèves.

– Plan de convivialité : Toutes les mesures nécessaires pour renforcer la vie ensemble, pour améliorer le climat et assurer la prévention et la résolution pacifique de violence (normes, information aux parents, salle spécifique, etc.)

– Plan de gestion : les thèmes économiques, budgétaires du centre, les ressources matérielles et humaines du centre.

– Des critères pour organiser et pour distribuer le temps scolaire, en établissant l’horaire général du centre et des règles pour organiser l’attention éducative, l’attention aux parents ou les activités extra scolaires

– Le cas échéant, le plan de compensation éducative (élèves immigrants, élèves qui incorporent tardivement le système éducatif…). La conseillère d’orientation joue un rôle capital dans l’élaboration.

La LOMCE, dans son préambule, modifie la LOE et ajoute comme principes :

à  L’augmentation de l’autonomie des centres (points forts et besoins).

à Renfort de la capacité de gestion de la part de la direction, avec un plus grand poids pédagogique et de gestion.

à Évaluations externes à la fin de l’étape.

à Rationalisation de l’offre éducatif.

à Flexibilisation des parcours éducatifs : programmes de développement de l’apprentissage, formation professionnelle de base (FPB), éducation secondaire avec deux parcours, ….

D’ailleurs, la LOMCE insiste sur trois domaines dont il faut avoir compte dans l’élaboration du PEC:

– L’utilisation des TIC, indispensable pour le changement méthodologique.

– La promotion du plurilinguisme comme objectif de l’Union Européenne.

– La modernisation de la Formation Professionnelle.

3.- CONCRETISATION DU PROJET ÉDUCATIF DU CENTRE : LES PROGRAMMATIONS.

Le Projet Curriculaire de Centre (PCC) était déjà disparu avec la LOE (Loi Organique d’Education 2/2006). Dans son article 121 on cite à sa place la concrétisation des curriculums, lesquelles apparaissent dans le Projet Éducatif du Centre (PEC) et non dans le PCC.

Le curriculum espagnol de langue étrangère, pour l’éducation primaire ne veut pas être préfixé, fermé, rigide, déterminé, mais au contraire il doit être ouvert, flexible, « processuel », c’est-à-dire qu’il se développe, se complète et acquiert sa réalité à mesure qu’il arrive à son stade d’application ou de réalisation. Il s’étale ainsi en 3 « niveaux de concrétion » :

– Le PREMIER NIVEAU, se situe au niveau européen, à partir des directrices du Conseil de l’Europe, notamment le Cadre Européen Commun de Référence (CECR) sous forme de « Loi Organique» ou «Décret Royal » : Loi Organique 8/2013 pour l’amélioration de la qualité éducative (LOMCE) et Royal Décret 126/2014 du 28 février qui établit le curriculum de base dans l’enseignement primaire. Il contient le cadre global du système éducatif, et les aspects considérés prescriptifs (les « enseignements minimales » ou « communs »). Il est développé et adapté ensuite par notre communauté andalouse dans le Décret 97/2015 et l’Arrêté du 17 mars 2015.

– Dans un DEUXIÈME NIVEAU, le curriculum est adapté à la réalité socioculturelle et éducative de chaque établissement scolaire sous forme de Projet d’Établissement et Projet Éducatif.

à Le TROISIÈME NIVEAU de concrétisation correspond à la Programmation Didactique et à l’ensemble d’Unités didactiques, lesquelles devront être adaptées aux particularités du groupe d’élèves. (Attention à la diversité Arrêté du 25 juillet 2008).

3.1. Concept de programmation

On entend par « Programmation Didactique » le processus de planification temporelle des contenus d’enseignement d’une discipline, c’est la mise en pratique du processus d’enseignement-apprentissage, normalement pour une année scolaire avec différents éléments didactiques ordonnées selon une séquence d’unités didactiques.

C’est un instrument de planification, de développement et d’évaluation. Elle est élaborée par les départements de coordination didactique et approuvée par le conseil des maîtres (Claustro de profesores).

La programmation de classe (professeurs) est la concrétisation de la programmation didactique (départements) et doit être le document guide pour le professeur, car il va lui permettre de :

ü Éliminer le hasard et l’improvisation, mais elle doit être flexible et s’adapter à la créativité et aux innovations si nécessaire.

ü Ordonner le processus d’apprentissage-acquisition.

ü Éviter la perte de temps.

ü Adapter le travail pédagogique aux caractéristiques culturelles et au contexte.

ü Promouvoir la réflexion sur sa propre pratique.

ü Offrir des éléments pour l’analyse, la révision et l’évaluation du PEC.

ü Adapter l’intervention didactique aux caractéristiques psycho évolutives et académiques des apprenants, en prenant compte de l’attention à a diversité.

3.2.- Critères à inclure dans la programmation

L’une des nouveautés apportées par la LOMCE est que : La programmation doit comporter dans tous les cas la prévention de la violence conjugale, de la violence terroriste et de n’importe quelle forme de violence, de racisme ou de xénophobie, y compris l’étude de l’Holocauste juif comme fait historique.

Outre cet élément nouveau, la programmation doit inclure au minimum les éléments suivants :

a) Les objectifs, c’est-à-dire les référents relatifs aux réussites que l’élève doit atteindre après avoir fini le processus éducatif, comme résultat des expériences d’enseignement – apprentissage intentionnellement planifiées à telle fin.

b) Les compétences, qui sont les capacités pour appliquer de façon intégrée les contenus propres de chaque enseignement et d’étape éducative, afin d’obtenir la réalisation adéquate d’activités et la résolution efficace de problèmes complexes. Nous avons vu qu’elles sont au nombre de 7. (La LOMCE ajoute la description des relations entre les compétences, les contenus et les critères d’évaluation)

c) Les contenus, l’ensemble de connaissances, d’habiletés, détresses et attitudes qui contribuent à la réussite des objectifs de chaque enseignement et étape éducative et à l’acquisition des compétences.

d) Les standards d’apprentissages évaluables, qui sont les spécifications des critères d’évaluation qui permettent de définir les résultats d’apprentissage, et qui concrétisent ce que l’élève doit savoir. Ils comprennent le savoir-faire dans chaque matière; ils doivent être observables, mesurables et évaluables et permettre de graduer le rendement ou la réussite atteinte.

e) Les critères d’évaluation sont, le référent spécifique pour évaluer l’apprentissage de l’ensemble des élèves. Ils décrivent ce qui veut être valorisé et que l’ensemble des élèves doit réussir, aussi bien des connaissances que des compétences; ils répondent à ce que l’on prétend obtenir dans chaque matière.

f) La méthodologie, est l’ensemble de stratégies, de procédés et d’actions organisées et planifiées par les professeurs, de façon consciente et réflexive, dans le but de rendre possible l’apprentissage des élèves et la réussite des objectifs envisagés.

g) On y ajoutera enfin : – les systèmes de qualification, d’évaluation et de promotion

les mesures d’attention à la diversité

– activités complémentaires et extrascolaires

D’autres éléments seront à prendre en compte comme la compréhension lectrice, l’expression orale et écrite, la communication audiovisuelle, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC et TAC), l’esprit d’entreprise et l’éducation civique et constitutionnelle qui seront étudiés dans toutes les matières. Les administrations éducatives encourageront aussi l’activité physique et un régime équilibré et l’éducation routière.

3.3. Principes pédagogiques à prendre en compte

Le système éducatif, se caractérise par l’adoption d’une conception constructiviste de l’apprentissage, au sein de laquelle confluent une série d’idées qui proviennent de diverses théories formulées par PIAGET, WALLON, VIGOTSKY, AUSUBEL, BRUNER…, qui considèrent que l’apprentissage doit être construit de façon significative par l’apprenant. D’après les apports pédagogiques actuels…

1. Chaque enfant est unique: À partir de la connaissance approfondie de chaque enfant, l’enseignant doit reconnaitre et respecter les particularités de chacun, son rythme de développement, ses besoins et ses champs d’intérêt.

2. L’enfant est le premier agent de son développement : Un enfant apprend d’abord spontanément en expérimentant, en observant, en imitant et en parlant avec les autres grâce à sa propre motivation et à ses aptitudes naturelles. Le professeur a le rôle de guide et de soutient dans cette démarche qui conduit à l’autonomie.

3. Le développement de l’enfant est un processus global et intégré: L’enfant se développe dans toutes ses dimensions – affective, physique et motrice, sociale et morale, cognitive et langagière – et celles-ci agissent à des degrés divers dans le cadre de ses apprentissages. Les activités proposées par l’enseignant devront être multiples et variées.

4. L’enfant apprend par le jeu: Le jeu constitue pour l’enfant le moyen par excellence d’explorer le monde et d’expérimenter. Les différents types de jeux auxquels il joue – solitaires ou coopératifs, moteurs, symboliques, etc. – sollicitent, chacun à leur manière, toutes les dimensions de sa personne.

5. La collaboration entre le personnel éducateur et les parents est essentielle au développement harmonieux de l’enfant : Il est important qu’une bonne entente et un lien de confiance existent entre le personnel éducateur et les parents. Cela rassure l’enfant et favorise la création d’un lien affectif privilégié entre lui et l’adulte ou les adultes qui en prennent soin au service de garde

Ces idées correspondent aux principes psychopédagogiques et didactiques de toute Programmation:

– Se centrer dans le processus d’apprentissage. On évite toute discrimination car chacun doit progresser à son rythme (attention à la diversité).

– Avoir compte des savoirs préalables de l’élève: établir des relations entre contenus nouveaux et connaissances préalables.

– Valoriser fortement la motivation de l’élève et la culture de l’apprentissage.

– Reconnaître qu’on apprend à travers les interactions avec les autres, d’où l’importance du travail coopératif.

– Présenter les contenus de façon claire et intéressante pour les élèves.

– Promouvoir la relation interdisciplinaire, en favorisant un apprentissage globalisé et compréhensif.

– Offrir un apprentissage fonctionnel avec des thèmes en relation avec la vie réelle des élèves.

– Partir de l’idée que c’est l’élève qui construit son propre apprentissage.

– Le professeur servira de guide et de médiateur en aidant l’élève pour favoriser sa motivation.

4.- CONCLUSION

Nous venons de voir deux éléments clés pour tout enseignant, car ils évitent l’improvisation et permettent de planifier la tâche de la communauté éducative: le PEC et la programmation didactique.

Ce thème est donc essentiel d’un point de vue interculturel, même interdisciplinaire, étant donné qu’au niveau européen on assiste à une harmonie progressive des processus d’enseignement-apprentissage qui conduisent à des politiques éducatives communes.

Apprendre une langue étrangère sert à communiquer donc socialiser, relativiser nos normes et valeurs pour apprendre des valeurs de respect et tolérance, valeurs prônées par l’Union Européenne.

Il incombe au professeur de concrétiser le plan d’action afin d’aider ses élèves à acquérir les compétences clés et les savoirs qui correspondent à l’étape éducative en les adaptant aux différents rythmes et aux différents contextes d’apprentissage.

5.- BIBLIOGRAPHIE ET SITOGRAPHIE

ü LOMCE Décret Royal 126/2014 du 28 février

ü Álvarez, M. (1993): El Proyecto Educativo de Centro. Madrid. Consejería de Educación y Cultura

ü Antúnez, S. (1987): El Proyecto Educativo de Centro. Barcelona. Graó. (Biblioteca del Maestro, 1.), 4′- edición: 1993.

ü ANTÚNEZ, A (2002): Del Proyecto Educativo a la Programación de Aula.15ª Edición. Barcelona: Graó.

ü Vygotsky, L (1985) Pensée et langage, Ed Sociales. Paris

ü http://www.adideandalucia.es/ (normativa vigente)

ü www.boe.es

ü www.juntadeandalucia.es