Tema 9 – Descripción del sistema fonológico de la lengua francesa. Modelos y técnicas de aprendizaje de este caso particular. Correcciones fonéticas

Tema 9 – Descripción del sistema fonológico de la lengua francesa. Modelos y técnicas de aprendizaje de este caso particular. Correcciones fonéticas

DESCRIPTION DU SYSTÈME PHONOLOGIQUE DE LA LANGUE FRANÇAISE. MODÈLES ET TECNIQUES D’APPRENTISSAGE. LA PERCEPTION, LA DISCRIMINATION ET L’ÉMISSION DE SONS, L’INTONATION, LES RYTHMES ET LES ACCENTS. CORRECTION PHONÉTIQUE

0. INTRODUCTION.. 2

1. DESCRIPTION DU SYSTÈME PHONOLOGIQUE DE LA LANGUE FRANÇAISE 2

1.1. Définition et branches de la phonologie. 2

1.2. Les phonèmes consonantiques. 3

1.3. Le système vocalique. 5

2. MODÈLES ET TECHNIQUES D’APPRENTISSAGE.. 6

2.1. La méthode classique. 6

2.2. Méthodes traditionnelles de correction phonétique. 7

3. LA PERCEPTION, LA DISCRIMINATION ET L’ÉMISSION DE SONS, L’INTONATION, LES RYTHMES ET LES ACCENTS. 9

3.1. La perception, discrimination et émission des sons. 9

3.2. La prosodie. 10

4. CORRECTION PHONÉTIQUE.. 11

4.1. Travail sur le repérage et la discrimination. 11

4.2. Travail sur l’association graphie – phonie. 12

4.3. Méthodes naturelles et méthodologie directe. 12

4.4. La méthode verbo-tonale. 12

4.5. Techniques vocales théâtrales. 12

4.6. TICE et Internet 12

4.7. Les jeux : VIRELANGUES. 13

4.8. L’attitude de l’enseignant 13

5. CONCLUSION.. 13

6. BIBLIOGRAPHIE ET SITOGRAPHIE.. 14

0. INTRODUCTION

« Toutes les langues chantent, mais pas sur le même air ». Companys

Voilà une phrase qui résume parfaitement notre thème. En effet, apprendre une langue étrangère passe par l’étude de son système phonologique. Cette tâche incombe à la phonologie et à la phonétique mais aussi à la prosodie qui étudie l’accent, le rythme et l’intonation.

Nous remarquons, en situation de classe, que ces éléments sont souvent laissés en marge de l’enseignement – apprentissage, alors qu’il est facile de remédier aux erreurs de ce type dans les productions orales des apprenants.

Apprendre une langue étrangère, ce n’est pas seulement connaître les mécanismes grammaticaux ou lexicaux ; c’est aussi et surtout en français, pour la fluidité et l’expression, connaître certains points trop souvent négligés à tort : il s’agit du système phonologique ainsi que la prosodie et de ses composantes qui permettent d’acquérir une véritable compétence de communication.

C’est pourquoi, dans ce thème, nous analyser le système phonologique français ainsi que les méthodes de correction phonétique en classe de FLE.

Ajoutons enfin que, la nouvelle Loi Organique 8/2013 du 9 décembre pour l´amélioration de la qualité éducative (LOMCE) via le ” Décret Royal” 126/2014, du 28 Février intègre clairement aussi bien dans les blocs de contenus que dans les critères d’évaluation les « Patrons sonores, accentuels, rythmiques et d’intonation».

1. DESCRIPTION DU SYSTÈME PHONOLOGIQUE DE LA LANGUE FRANÇAISE

1.1. Définition et branches de la phonologie

La phonologie étudie les sons à valeur linguistique, phonèmes en relation avec un signifié. Les traits phoniques sont appréhendés par rapport à leur valeur distinctive. (La phonétique étudie les sons en eux-mêmes).

Le système phonologique français est composé de 36 phonèmes 17 sont dits consonantiques ; ils mettent en jeu les 20 consonnes de l’alphabet 16 sont dits vocaliques ; ils mettent en jeu les 6 voyelles de l’alphabet 3 sont intermédiaires et appelés semi-consonantiques ou semi-vocaliques.

Les branches de la phonologie sont :

Ø Phonématique = Étude linguistique des unités distinctives de la langue

ex /ru/ (rue) / /nu/ (nu)

Ø Prosodie = Étude de la valeur linguistique des sons selon : leur durée, leur intensité, et leur variation mélodique ; à partir desquels les phénomènes d’accentuation et d’intonation sont constitués.

1.2. Les phonèmes consonantiques

Les consonnes sont des bruits de frottements ou d’explosion produits par le souffle qui, portent ou non les vibrations des cordes vocales, rencontre dans la bouche divers obstacles résultant de la fermeture ou du resserrement des organes.

Chacun des 17 phonèmes consonantiques de la langue peut se définir selon 4 critères (ou traits phonétiques). Ces critères sont également appelés opposition dans la mesure où ils permettent aux phonèmes de se distinguer entre eux, par paire.

clip_image001 Opposition de sonorité

Selon que le phonème fait (ou non) intervenir les cordes vocales. Si elles vibrent au moment du passage de l’air, le phonème est dit « sonore ». S’il ne fait pas vibrer les cordes vocales, le phonème est dit « sourd ».

Ces phénomènes correspondent exactement deux par deux ce qui permet de classer les 12 phonèmes concernés par paire.

Phonèmes sourds Phonèmes sonores

/p/ (papa) /b/ boule

/f/ (fou) /v/ Virginie

/t/ (tata) /d/ Eddy

/s/ (sa) /z/zig-zag

/ ʃ / (champs) / Ʒ / Jean

/K/ (Cadeau) /g/ gare, gué

Type d’erreur : «il tompe» pour «il tombe»

clip_image001[1] Opposition du point d’articulation

Pour réaliser un phonème consonantique, on doit mettre en action deux organes de la cavité buccale, un organe fixe et un organe mobile. Le point d’articulation est le point de rencontre ou de rapprochement d’un organe fixe et d’un organe mobile.

-Organes fixes (organes de la cavité buccale qui ne peuvent aller à la rencontre d’un autre) : la lèvre supérieure, les dents supérieures, les alvéoles, le palais dur, le velum.

-Organes mobiles (ceux qui vont à la rencontre des organes fixes) : la lèvre inférieure, l’apex, le dos de la langue, la racine de la langue.

Il est possible de définir 6 modes d’articulations qui portent le nom des organes concernés :

1. Articulation bilabiale : [ p ] , [ b ] , [ m ] Papa boit avec maman

La lèvre inférieure avec la lèvre supérieure.

2. Articulation labio-dentale : [ f ] , [ v ] fève, vive la fève

La lèvre inférieure avec les dents du haut

3. Articulation apico-dentale : [ t ],[ d ],[n] tes dents sont pourries et jaunes !

L’apex (extrémité de la langue) avec les dents du haut

4. Articulation apico-alvéolaire : [ s ] , [ z ], [ l ] Suzette se lave

5. Articulation dorso-palatale: [ ʃ ],[ 3 ] Dans les champs, se trouve Jean

6. Articulation vélaire : [ k ] ,[ g ],[ ɲ ] Karine gagne

Type d’erreur : «rouze» pour «rouge»

clip_image001[2] Opposition d’occlusivité / fricativité

Elle découle de l’opposition du point d’articulation.

Phonème occlusif : l’organe mobile et l’organe fixe sont en contact serré ; l’air bloqué s’accumule dans la cavité buccale et s’échappe d’un seul coup.

Phonème fricatif : l’organe mobile se rapproche de l’organe fixe sans le toucher ; l’air est gêné pour sortir et passe avec un bruit de friction.

Phonèmes sourds et phonèmes sonores fonctionnent par paire. En conséquence, si un des deux phonèmes est occlusif, son équivalent le sera aussi.

Phonèmes occlusifs Phonèmes fricatifs

[p] donc [b] [f] donc [v]

[t] donc [d] [s] donc [z]

[k] donc [g] [ʃ ] donc[ ʒ ]

clip_image001[3] Opposition de nasalité

Le velum (palais mou) peut prendre deux positions. En position relevée, il bouche l’accès aux cavités nasales et l’air passe par la cavité buccale. Le phonème est dit oral. En position abaissée, il empêche l’accès de la cavité buccale à l’air expiré, qui passe alors par les cavités nasales.

Phonème nasal : velum en position abaissée 3 phonèmes sont nasalisés : [m], [n], [ɲ ]

Maman ne gagne pas

Phonème oral : velum en position relevée Les 14 autres sont oraux

Type d’erreurs : « cartame » pour cartable

En analysant les 4 types d’opposition précitée, il est possible de constater que certaines transcriptions prennent leur origine dans une mauvaise maîtrise phonologique

Le phénomène de l’archiphonème

Lorsqu’un phonème sonore est suivi d’un phonème sourd, le premier s’assourdit au contact du phonème sourd et tend vers le phonème sourd qui lui correspond.

Phonème sonore + phonème sourd = phonème assourdi + phonème sourd : Exemple : absent – [b] est suivi de [s] ; le phonème sonore [b] tend vers le phonème sourd [p] « apsent ».

L’inverse est vrai également :

Phonème sourd + phonème sonore = phonème sonorisé + phonème sonore Exemple : afghan – [f] est suivi de [g] ; le phonème sourd [f] tend vers le phonème sonore [v] « avghan ».

Il existe un autre cas d’archiphonème dans le cas de la rencontre de deux phonèmes consonantiques comme dans ch(e)val, ch(e)vet, éch(e)veau.

1.3. Le système vocalique

La langue française comprend 16 phonèmes vocaliques, alors que l’alphabet utilisé pour en rendre compte ne comporte que 6 voyelles.

Les voyelles sont des sons émis par la voix sans bruit d’air.

Les phonèmes vocaliques sont tous sonores puisqu’ils font vibrer les cordes vocales.

Les phonèmes se distinguent entre eux par 4 oppositions :

clip_image001[4] L’opposition de nasalité

Elle est due aux deux positions du velum (voile du palais). 12 phonèmes sont oraux : l’air passe par la cavité buccale. 4 phonèmes vocaliques sont nasalisés ; ils s’opposent à 4 phonèmes oraux (parmi les 12).

Phonème oral Phonème nasalisé

[ɑ] (mal, patte) [ã] plan, chambre)

[ɛ] (mère, perte) [ɛ̃] (pin, main, feinte)

[œ] (peur, bœuf) [õe] Brun

[ɔ] (col, porte) [õ] talon

Exemple : « patalon » pour  « pantalon »

clip_image001[5] L’opposition d’aperture

Lors de réalisation des phonèmes vocaliques, la bouche s’ouvre plus ou moins et selon 4 degrés d’aperture (d’ouverture) : fermé, semi-fermé, semi-ouvert, ouvert.

Phonèmes fermés : [i] [y] [u ] Eddy est dur avec nous !

Phonèmes semi fermés : [e] [ø] [ә] [o] curé, peu, premier, dos

Phonèmes semi ouverts : [ ε ] [ɛ̃] [œ] [õe] [õ] mère, pin , bœuf, Brun , col, don

Phonèmes ouverts : [a] [ɑ] [ã ] mal, pâte, chambre

Deux oppositions menacées:

[a] [ɑ] patte / pâte (on fait de moins en moins la différence)

[ɛ̃] [õe] brin / brun (je ne fais même pas la différence)

clip_image001[6] L’opposition de labialisation

Certains phonèmes vocaliques sont réalisés avec les lèvres étirés ; ce sont les phonèmes non labialisés ou étirés. Les autres phonèmes sont produits en arrondissant les lèvres : ce sont les phonèmes labialisés ou arrondis.

Phonèmes non labialisés ou étirés: [ i ] [ e ] [ ε ] [ɛ̃] [ a ]

Phonèmes labialisés ou arrondis: [y] [u] [ø] [o] [oe] [o] [ɔ] [õ] [ɑ] [ã]

Le phonème [ə] dépend des phonèmes consonantiques qui l’entourent et ne peut être classé dans l’une ou l’autre des 2 catégories

clip_image001[7] L’opposition de localisation

Les phonèmes vocaliques ne se réalisent pas tous au même niveau de la cavité buccale. Certains sont formés dans la partie antérieure de la cavité buccale, d’autres dans la partie centrale, d’autres enfin dans la partie postérieure.

Phonèmes antérieurs [ i ] [ y ] [ e ] [ø ] [ ε ] [ɛ̃] [œ ] [õe] [a ] (patte)

Phonème central [ә]

Phonèmes postérieurs [ u ] [ o ] [ɔ] [ õ] [ a ] (pâte) [ã]

Exemple : confusion entre « je »» et « jeu »

Observation : eu (grenier, frelon) / ә / qualifié parfois de « caduc » est généralement décrit comme son central d’un point de vue articulatoire. Parfois se prononce, parfois pas Ex : Tu portes, ils président.

Ne peut être prononcé qu’après consonne. Il s’amuït automatiquement devant une voyelle (ce qui, en fin de mot-outil, donne souvent une élision) : apte à /apta/ ; le arbre → l’arbre /larbr/. De même après une voyelle : partie /parti/;

On évoque parfois la loi des 3 consonnes ce qui signifierait que le /ə/ a pour rôle d’éviter que se forme un groupe de plus de 2 consonnes. Exemple Un film d’horreur (prononcé un film /ə/ d’horreur) mais ceci est parfois contestable…

Les semi-voyelles (ou semi-consonnes) (= phonèmes liquides)

[j] de fille, tuyau, miel, le [ɥ] de lui, nuage, le [w] de Louis, loi.

Ils ne peuvent se réaliser seuls et sont toujours accompagnés d’un phonème vocalique.

Exemple : une oie, une fois, un doigt, il fait froid, François…

Ils empêchent la segmentation et on ne peut donc les isoler. Leur transcription orthographique est difficile. Exemple : le [j] de abeille qui s’oppose au [i] de abbaye Le [ɥ] de cuit qui s’oppose au [y] de Q.I. le [w] de trois qui s’oppose au [u] de troua

2. MODÈLES ET TECHNIQUES D’APPRENTISSAGE

2.1. La méthode classique

La phonétique repose sur deux grands domaines : la prosodie et l’orthoépie.

La prosodie est liée au rythme de la langue et à ses intonations. L’orthoépie est la prononciation correcte des phonèmes (voyelles et consonnes) de la langue (comme l’orthographe est l’écriture correcte des mots). Faire apprendre une prononciation correcte, une intonation et un rythme appropriés sont essentiellement affaire d’attitudes pédagogiques reposant sur un nombre limité de techniques simples et faciles à manipuler.

DONNER DE L’ASSURANCE: Pour l’apprenant, entendre et prononcer les sons d’une langue étrangère est, au début de l’apprentissage, une difficulté physique et psychologique. Physiquement, les sons et les habitudes rythmiques du français demandent une mise en œuvre perceptuelle (pour celui qui écoute) et articulatoire (pour celui qui produit) particulières et d’autant plus importantes que les systèmes phoniques de la langue maternelle et du français sont éloignés l’un de l’autre. Psychologiquement, c’est une épreuve d’exposer aux autres une parole dont on ne maîtrise pas ou mal la qualité de production.

Le premier aspect très général de la façon de travailler dans une séquence phonétique est de donner de l’assurance à l’apprenant sur ses capacités de production orale. Pour produire en français oral, l’apprenant a besoin d’être sûr autant de ses possibilités que de l’absence de risques d’exposition.

Le professeur s’apercevra du niveau phonétique de l’apprenant, de ses moyens, de ce qu’il sait déjà et de ce qu’il lui reste à apprendre, à améliorer, à changer, etc.

UNE PÉDAGOGIE DE LA RÉUSSITE: le second aspect de la mise en place d’une confiance dans l’apprentissage est de développer une pédagogie de la réussite. Il est évident que l’apprenant fait des erreurs de prononciation et qu’il faut y remédier.

Il est plus efficace de faire remarquer ce qui fonctionne avant ce qui dysfonctionne.

Cette façon d’agir rejoint d’ailleurs celle de la pédagogie de la phonétique où il y a d’abord l’éducation de l’oreille pour rendre conscient de la nature des sons en français avant l’éducation de la production. Ensuite, l’attention aux erreurs de phonétique prend toute sa place dans une orientation non de fautes à relever, mais de points à traiter.

UNE ATTITUDE DE VIGILANCE : complémentairement à ces deux aspects (assurance et pédagogie de la réussite) qui concernent le professeur, il faut aider l’apprenant à développer une attitude de vigilance face à sa propre production.

Demander à l’apprenant d’être conscient qu’il s’adresse à quelqu’un, de veiller à produire ou tenter de produire des sons reconnaissables, c’est le placer en position d’attention communicative (parler à d’autres) et de responsabilisation (émettre une production personnelle).

LA FLUIDITÉ : le terme de fluidité renvoie à la notion d’une parole produite avec souplesse.

EXERCICES DE RÉPÉTITIONS DE RYTHMES : d’abord quelques exercices très simples qui visent à faire sentir les habitudes rythmiques du français. Comme il s’agit d’oral, on trouvera ces dialogues dans une variété de registres : français standard et français non formel, c’est-à-dire français d’une communication entre amis, sans familiarité excessive, mais sans formalisme exagéré non plus.

– Dialogues construits sur des énoncés de 2 syllabes, strictement.

Bonjour. Ça va ? / Ca va / Et vous ? / Très bien / merci.

– On prononce les énoncés d’une seule émission de voix sans rupture, même s’il est possible et même habituel de les produire en deux temps : Bonjour ça va ? / Ca va et vous ? / Très bien merci / Salut ça va ? / Ca va et toi ? / Pas mal merci. /

Rappelons que les apprenants sont confrontés à la difficulté du crible phonologique ou système d’écoute contrôlé par le système phonologique de la langue maternelle, qui perturbe l’identification et l’articulation des sons d’une langue étrangère. L’apprenant s’approprie le système de sa langue maternelle. Mais s’il entend parler une autre langue, il emploie involontairement pour l’analyse de ce qu’il entend le “crible phonologique” de sa langue maternelle qui lui est familier. D’où les phrases type : « yo no compro pan » pour « je ne comprends pas ».

2.2. Méthodes traditionnelles de correction phonétique

a) La méthode articulatoire

C’est LA plus connue.

Fondée sur la description précise des sons à reproduire.

Principe de base : Il faut avoir une connaissance explicite de l’articulation d’un son pour pouvoir bien le prononcer.

Les exercices vont du plus simple au plus complexe. Ainsi, pour travailler le /y/, on franchira différentes étapes :

• sons isolés :

– son cible prononcé seul : [y[, [y], [y] …

– son cible opposé à un autre son « voisin » : [y] – [u]… ; [y] – [i]…

• sons dans syllabes isolées :

– [y] seul : [sy], [by], [vy], ([ly]…

– [y] en opposition avec un son « voisin » : [sy] [si] ; [sy] [su]…

• sons dans mots isolés :

– moulu ; fourbu ; rendu ; mur ; parure…

– [y] en opposition avec un son « voisin » : lit, lu, loup…

• sons dans membres de phrases :

Le lustre ; un mur ; j’ai vu…

• sons dans phrases complètes ;

Le lustre est suspendu ; il s’est heurté à un mur ; j’ai vu ce film la semaine dernière…

Points faibles de cette méthode :

– laisse de côté le facteur auditif.

– laisse de côté des éléments de phonétique combinatoire et ne tient pas en compte les variantes d’un son au contact de l’autre.

– laisse de côté le facteur prosodique.

– nuit à la spontanéité de l’expression.

b) Méthode comparatiste

En tenant compte des similitudes entre le français et l’espagnol, on se servira des sons communs pour favoriser ou corriger certaines articulations.

Par exemple le [z] du français, à partir des mots espagnols comme « mismo », « rasgo », etc.

c) La méthode de transcription phonétique

La méthode phonétique est fondée sur une transcription phonétique. L’utilisation d’une transcription phonétique passe par le recours à un alphabet phonétique. Néglige aussi le facteur auditif et les éléments prosodiques.

d) La méthode des oppositions phonologiques

On propose des exercices d’opposition entre deux ou plusieurs phonèmes. Les élèves écoutent et répètent des listes de mots où le changement d’un seul son apporte un changement de sens. Par exemple: “le / les”; “basse / base”; “bon / vont”, etc.

Avantages :

Priorité aux phonèmes (on lie son et sens)

Primauté reconnue de l’audio-oral

Inconvénients :

Néglige les facteurs prosodiques

Travail sur le lexique nécessaire

e) Imitation de modèles enregistrés

Voilà qui me rappelle le labo de langues et la belle Melle MeyerJ. On écoute et répète des sons et phrases. Cela étant, il s’agit de répétitions de phrases hors contexte.

f) La méthode verbo-tonale

Cette méthode a été conçue et élaborée en 1954 pour l’apprentissage des langues étrangères par le Professeur GUBERINA de Zagreb. Elle fut introduite en France dans les années 1960 dans la pédagogie de l’enfant sourd.

C’est une méthode qui se veut naturelle et qui tend à faire passer l’enfant sourd par les mêmes stades d’acquisition du langage que l’enfant entendant.

Le but est de mettre en valeur la caractéristique du son qui est mal appréciée par l’apprenant

Cette méthode insiste sur la prosodie et sur le comportement.

Entre la pathologie de l’audition et l’apprentissage d’une langue étrangère il n’existe pas de différences de nature, mais de degré : dans le premier cas nous observons une surdité pathologique, dans le deuxième une surdité phonologique.

Chaque son et chaque mot ont leur octave d’intelligibilité optimale. Si les sons des mots sont transmis par les octaves qui ne sont pas optimales, ils se déforment pour l’oreille, qui les entend comme des sons différents des sons émis.

Les fautes sont causées par l’existence de différents types de champs d’audition.

La phonétique doit être intégrée dans l’étude de la langue. Phonétique en situation de communication (comme l’enfant qui apprend sa langue maternelle).

Enfin, importance du corps. La parole plonge ses racines dans le corps. Elle se greffe sur la respiration. Elle est portée par le souffle. Un apprenant décontracté, désinhibé, dont le rythme respiratoire est naturel est psychologiquement plus disponible pour mieux entendre et produire des sonorités parolières en L2.

Exemple : Un apprenant hispanophone réalisera un « U » convenable en sommet intonatif et en intonation montante.

3. LA PERCEPTION, LA DISCRIMINATION ET L’ÉMISSION DE SONS, L’INTONATION, LES RYTHMES ET LES ACCENTS

3.1. La perception, discrimination et émission des sons

La perception joue un rôle capital dans l’apprentissage d’une langue. Dans un premier temps, l’enfant produit sans signifier : c’est le balbutiement. Dans un deuxième temps, il y a une restriction phonologique. L’enfant constitue, peu à peu, un système cohérent. De la profusion phonétique du balbutiement on passe à l’austérité phonétique.

La perception se fait globalement. La faculté de discriminer, l’acuité auditive est constituée, peu à peu, à mesure qu’elle est alimentée, stimulée.

L’enfant ne crée pas un langage, il apprend à parler surtout par audition et imitation

Entendre un son du langage ce n’est pas seulement le détecter, c’est l’identifier, le décoder, le situer dans le système auquel il appartient, reconnaître la fonction qu’il y remplit.

La perception résulte de facteurs multiples captés globalement. À l’intérieur de cet ensemble de facteurs, il convient de prendre en compte les stimuli acoustiques.

Les facteurs de la perception : auditifs, extra-auditifs, visuels, socioculturels, linguistiques, psychologiques, temporels…

Pour la discrimination, il faut développer la conscience phonémique.

C’est l’habileté à entendre, identifier, conscientiser et manipuler les sons isolés de la langue parlée (phonèmes). Pour pouvoir lire des écrits, l’enfant doit auparavant avoir pris conscience de l’existence des phonèmes et être capable de les individualiser. Il doit comprendre que les mots de la langue parlée sont constitués de phonèmes.

L’enfant qui a la conscience des phonèmes apprendra plus facilement à lire que celui qui n’est capable de percevoir que quelques phonèmes.

L’enfant doit par exemple être capable de trouver des mots qui commencent par le son /p/ : papa, pied, pomme, etc.

Il doit aussi pouvoir retrouver les mots qu’il connait en associant les sons :

/p/ + /a/ + /p/ + /a/ = papa.

Quant à l’émission de sons c’est ce qu’on appelle la phonation. Chaque son d’une langue, et ce, quelle que soit la langue, met à contribution d’une façon qui lui est propre les mêmes organes phonatoires. Mais les contraintes qui s’exercent sur le fonctionnement de ces organes sont universelles. C’est pourquoi la connaissance de ce mécanisme peut donc se révéler très utile dans l’apprentissage de la prononciation d’une

Langue étrangère.

3.2. La prosodie

Il s’agit de l’étude des phénomènes de l’accentuation, du rythme et de l’intonation. La mise en place de structures prosodiques apparaît comme un pré-requis dans l’apprentissage d’une langue étrangère qui favorise une meilleure prononciation et donc une véritable compétence de communication.

Il y a 3 éléments essentiels dans la prosodie.

– L’accent : c’est un phénomène provenant de la durée syllabique, de l’intensité sonore et de la hauteur mélodique de certaines syllabes.

– Le rythme : C’est la perception de la succession à intervalles plus ou moins réguliers des accents démarcatifs (on reviendra sur les différents accents)

– L’intonation : C’est la structure mélodique des énoncés en groupes rythmiques. Ce sont des modulations provoquées par la courbe mélodique. (on voit qu’elle est liée au rythme).

Les différents types d’accents :

Accent démarcatif : Placé en fin de mot ou de syntagme et permettant de délimiter les différentes unités d’un énoncé : Hier, j’ai rencontré Paul.

Accent d’insistance : Assurant la mise en relief d’une unité :

Très utilisé pour réaliser les effets expressifs. Le locuteur renforce l’intensité acoustique sur la syllabe choisie. En fait quelques règles générales se dégagent. Si le mot commence par une consonne, c’est la 1ère syllabe qui est accentuée, sinon c’est en général la 2ème. C’est fantastique ! C’est épouvantable! (ces règles ne sont pas toujours respectées). Par ailleurs il est possible d’accentuer chaque syllabe pour donner un effet très expressif. A l’écrit cela se traduit par un trait d’union. Ex : C’est FAN-TAS-TIQUE

Accent contrastif : Soulignant le choix d’une unité particulière par rapport aux autres :

Exemple : c’est MA maison (pas la tienne).

En français le rythme est très régulier. Toutes les syllabes inaccentuées ont généralement la même durée et sont articulées presque de la même manière que les syllabes accentuées. Seulement la syllabe accentuée est un peu plus longue.

L’intonation est la structuration mélodique des énoncés en groupes rythmiques.

Il existe deux fonctions de l’intonation :

L’intonation avec une fonction linguistique et l’intonation avec une fonction expressive.

a.-) Fonction linguistique : Elle sert à distinguer les modalités intonatives, c’est-à-dire, les différents types d’énoncés. (Phrases déclaratives, etc.)

b.-) L’intonation avec une fonction expressive : Par exemple, la nervosité se traduit par une forte intensité et un rythme accéléré ou saccadé. Observons encore que rythme et intonation sont liés.

4. CORRECTION PHONÉTIQUE

Nous avons déjà vu les principales méthodologies de correction phonétiques. Nous allons voir pour finir quelques applications concrètes.

4.1. Travail sur le repérage et la discrimination

a. Discrimination de paires :

Dans cet d’exercice, l’apprenant écoute une dizaine de paires et doit déterminer si elles sont identiques ou différentes en fonction de ce qu’il a entendu.

b. Discrimination de phonèmes :

Sur le même principe, l’apprenant écoute maintenant une dizaine de mots et doit choisir entre le phonème X ou Y en fonction de ce qu’il a entendu. Tout au long de l’exercice, l’apprenant a la possibilité de cliquer sur les symboles phonétiques (dans l’intitulé ou au-dessus de la grille de réponses) pour écouter les sons de référence.

c. Repérage d’un phonème dans des phrases :

Dans cet exercice, l’apprenant écoute trois phrases et doit déterminer le nombre de fois que le phonème est entendu dans chacune d’entre elles. Il s’agit donc ici de repérer un phonème dans une chaîne.

4.2. Travail sur l’association graphie – phonie

d. Discrimination de phonèmes avec support de l’écrit :

Cet exercice est similaire au type b mais avec les mots écrits.

e. Association graphie – phonie :

Dans cet exercice, l’apprenant écoute et lit des phrases et doit repérer les occurrences graphiques correspondant au phonème cible en cliquant dessus.

f. Production écrite :

Il s’agit ici de remplir des champs avec l’un ou l’autre graphème en fonction de la phrase entendue.

4.3. Méthodes naturelles et méthodologie directe

L’apprenant acquiert intuitivement et par imitation (comme les enfants acquièrent la langue maternelle).

Activités et tâches pour développer la faculté d’imitation chez les apprenants : (jeu théâtral, traits saillants de la parole d’autrui, traits suprasegmentaux, accents étrangers et régionaux, exercices d’écoute et répétition)

4.4. La méthode verbo-tonale

Activités et tâches: Exercices de correction de la prononciation dans des contextes facilitants et prononciation nuancée.

4.5. Techniques vocales théâtrales

L’application d’exercices vocaux et de l’élocution utilisés par les acteurs au théâtre pour l’amélioration de la prononciation.

Activités et tâches: Conscience corporelle du souffle; contrôler sa respiration; jeux expressifs d’intonation et accentuation; grimaces et exagération articulatoire; utilisation de vire langues; confiance dans sa propre voix: parler clairement dans des situations comme entouré de bruit; parler en riant, pleurant, chantant.

4.6. TICE et Internet

L’enseignement de la prononciation assisté par ordinateur.

L’application des outils TIC et web: systèmes et technologies de visualisation, de synthèse et de reconnaissance vocale ; logiciels et personnages virtuels (têtes parlantes); tutorat et accompagnement à distance sur le web.

Activités et tâches: Ressources audiovisuelles en situations réelles de communication.

Outils et tâches pour la compréhension et la production orale des apprenants de FLE

Correction de la prononciation en communication et collaboration dans des environnements virtuels (plateformes d’enseignement, réseaux sociaux, weblogs). Dispositifs de formation FLE en présentiel et à distance.

4.7. Les jeux : VIRELANGUES

« The last but not least » comme on dirait en Anglais. L’apprentissage ludique est essentiel. Les virelangues sont une ressource ludique et très appréciée.

Un virelangue est un jeu de mots ou de phrases difficiles à prononcer ensemble. « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches archi-sèches ? »

Permet de travailler sur tous les éléments de la phonétique et de la prosodie du français. En effet, l’apprenant doit mobiliser ses compétences tant au niveau de l’articulation, de l’accentuation, des liaisons qu’à celui du rythme et de l’intonation.

4.8. L’attitude de l’enseignant

Il doit avoir en permanence une attitude d’empathie et de congruence envers ses élèves.

Sa voix, son regard sont essentiels. Sa manière d’occuper l’espace également.

Le professeur ne corrige qu’une erreur à la fois.

Le professeur corrige prioritairement une erreur d’ordre phonémique engendrant la confusion entre deux phonèmes. C’est ainsi que l’enseignant intervient systématiquement quand un hispanophone produit [s] à la place de [z].

5. CONCLUSION

Pour les élèves de l’école primaire, la phonétique et phonologie française n´est pas une question facile.

La phonétique ne s’acquiert pas du jour au lendemain. Il s’agit d’une question aride sur laquelle il faut toujours insister.

À l’école primaire, il ne faut jamais oublier la primauté de la langue orale face à l’écrite.

Quant à la méthode correcte d’apprentissage de la phonétique, il n’y a pas de méthode concrète. Il y a simplement des méthodes. La méthode choisie peut dépendre des objectifs, des contenus du cours et des goûts du professeur qui doit faciliter ce qui est compliqué.

Pour bien commencer, l’imitation peut être une solution correcte.

Les nouvelles technologies peuvent contribuer correctement à bien appliquer les théories linguistiques

Ajoutons, que ce thème est important d’un point de vue interculturel dans la mesure où il favorisera l’échange et l’acceptation de l’autre. Il est essentiel d’un point de vue interdisciplinaire car il servira à l’anglais par exemple mais aussi avec la lanue espagnole pour une analyse contrastive.

Enfin, il met en exergue les compétences clés telle que la compétence linguistique mais aussi d’apprendre à apprendre et s’intègre parfaitement dans le projet d’Union européenne vouée à de formidables échanges linguistiques.

6. BIBLIOGRAPHIE ET SITOGRAPHIE

clip_image001[8] BIBLIOGRAPHIE

– TROUBETZKOY, N.S. (1986) Principes de Phonologie, Klincksieck, Paris.

– Michel BILLIÈRES, «Les pratiques du verbo-tonal. Retour aux sources». In : M. Berré (éd.), Linguistique de la parole et apprentissage des langues. Questions autour de la méthode verbo-tonale de P. Guberina

– Raymond Renard, La méthode verbo-tonale de correction phonétique, Mons, Centre International de phonétique Appliquée, 1979.

– CARTON, F. : Introduction à la phonétique du français. Ed. Bordas. Paris, 2006.

clip_image001[9] SITOGRAPHIE clip_image005

ü www.lepointdufle.net/

ü http://www.francparler.org/

ü http://phonetique.free.fr/

ü http://www.verbotonale-phonetique.com/